Les retombées de la visite officielle du Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, du 10 au 11 juin, en Égypte sont immédiates.
Au pays des pharaons, Kinshasa et Le Caire ont paraphé une kyrielle d’instruments de coopération couvrant des domaines variés, notamment les investissements, les consultations politiques et diplomatiques, le développement urbain et la santé. Ces accords visent à consolider l’intensité de la coopération bilatérale et à renforcer les mécanismes de collaboration déjà engagés.
De plus, les discussions entre les deux Chefs d’Etat ont également abouti à l’adoption de plusieurs orientations stratégiques, parmi lesquelles figure en bonne place l’axe sécuritaire.
Dans le domaine de la défense, les autorités congolaises et égyptiennes ont convenu de renforcer substantiellement la coopération militaire, notamment à travers l’organisation d’un programme de formation des forces armées congolaises sur le territoire égyptien.
Pour concrétiser cette décision, le président de la République Félix Tshisekedi a instruit le vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale, de travailler en coordination avec le chef d’état-major général des FARDC. Les deux responsables doivent prendre les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre du programme de formation et soumettre un plan d’exécution détaillé.
Cette annonce intervient dans un contexte où la RDC cherche à renforcer les capacités de ses forces armées, notamment par des approches de formation structurées et des partenariats visant à améliorer l’efficacité opérationnelle pour faire face à la crise sécuritaire marquée par l’activisme des groupes armés et l’agression Rwandaise dans la partie orientale.

Pour les autorités congolaises, la montée en puissance de l’armée loyaliste passe inéluctablement par la formation, l’équipement et l’amélioration des conditions sociales des militaires congolais.
En juillet 2024, le président de la République, Félix Tshisekedi a annoncé une « augmentation sensible » des moyens de défense et de sécurité pour protéger avec plus d’efficacité les frontières, les populations et défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale.
Dans cet ordre d’idées, le gouvernement a investi prioritairement dans le renforcement des capacités de l’Etat à sécuriser le territoire et la population avec un budget cumulé sur les 5 ans représentant 20% du budget annuel, essentiellement destiné à poursuivre les actions de la montée en puissance des Forces de Défense et de Sécurité.
Cette décision faisait suite à la promulgation et l’entrée en vigueur de l’Ordonnance-Loi portant Programmation Militaire le 16 août 2022, une première de l’histoire du pays.
La loi de programmation militaire est une loi financière pluriannuelle qui fixe les échéances des crédits de paiement relatifs aux dépenses d’équipements et de développement des Forces armées. Elle définit dans le cadre des lois budgétaires la tranche du budget réservée au développement, à l’équipement des Forces armées. Elle détermine les séquences et le rythme des opérations ou des achats à effectuer pour atteindre les objectifs précis des Forces armées.
En 2026, le gouvernement congolais a prévu de consacrer 11 896 milliards de FC, soit près de 30 % du budget général, aux forces de défense et de sécurité. Ces crédits visent à renforcer l’équipement militaire, améliorer la logistique et assurer une meilleure prise en charge du personnel militaire et policier.
Ces chiffres représentent une progression par rapport au budget précédent qui consacrait 13,12 % pour l’ensemble de défense, sécurité publique et justice.
RDC: vers la création d’un Fonds de Soutien et de Développement pour les FARDC
En dépit de ces investissements, les FARDC sont confrontés aux problèmes de sous-effectif, de formation inadaptée et d’infiltration.
Malgré les revers et la débâcle face aux rebelles du M23 dans les Kivu, les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) progressent dans le classement mondial « Firepower 2026 ».
Selon le classement Global Firepower 2026, l’armée congolaise occupe le 8ᵉ rang des puissances militaires africaines, avec un Power Index de 1,3051, en tendance haussière. À l’échelle mondiale, l’armée congolaise se classe 64ᵉ puissance militaire sur 145 pays évalués.
Selon ce rapport, cette amélioration s’explique notamment par le renforcement du budget de la défense, qui a permis de moderniser les équipements, de consolider les infrastructures militaires et de former les forces sur l’ensemble du territoire.
De plus, elle traduit un renforcement graduel de leurs capacités opérationnelles, malgré des défis structurels toujours présents.
Cette performance intervient alors que les forces congolaises sont engagées sur plusieurs fronts, notamment face au groupe armé M23 qui bénéficie du soutien logistique et militaire de l’armée rwandaise (RDF) mais aussi les ADF. Malgré des contraintes logistiques, budgétaires et opérationnelles importantes, la progression enregistrée suggère une amélioration progressive de la structuration, de l’équipement et de la capacité de projection des FARDC.

















































