Après l’ire du président de la République Félix Tshisekedi à l’encontre des autorités provinciales face à l’insalubrité persistante dans la ville de Kinshasa, les bourgmestres des 24 communes plaident pour la révision du mécanisme de perception des taxes locales, en particulier la taxe sur l’assainissement et l’enlèvement des ordures ménagères, jusqu’ici réservée à l’Hôtel de ville.
Lors d’une séance de travail avec le directeur de cabinet du vice-premier ministre en charge du Budget, Blanchard Mongomba, les autorités municipales ont affirmé que l’ordonnance-loi n°18/004 du 13 mars 2018 relative à la nomenclature des impôts, droits, taxes et redevances des provinces et des entités territoriales décentralisées limite les compétences des communes, notamment dans la mise en œuvre des politiques contre l’insalubrité.
Les bourgmestres dénoncent un déséquilibre entre responsabilités et ressources financières.
Pour eux, l’assainissement étant un service public, devrait s’accompagner d’une contrepartie fiscale permettant aux communes de mener des évacuations et de traiter les décharges.
« Aujourd’hui, la taxe sur l’assainissement et l’enlèvement des ordures ménagères échappe au contrôle des bourgmestres. Est-il possible de demander aux bourgmestres d’assainir du moment où nous n’avons pas collecté cette taxe qui est censée nous donner les moyens de pouvoir d’assurer l’évacuation les ordures vers les décharges publiques? C’est un paradoxe dont nous souffrons depuis le début, parce que nous ne cessons de répéter que les bourgmestres n’ont pas le contrôle de cette taxe sur l’assainissement et l’enlèvement des ordures ménagères. Dès lorsqu’une commune n’est pas habilitée par la loi à percevoir la taxe liée à l’assainissement et enlèvement des ordures ménagères, elle ne peut pas être comptable de l’insalubrité », a déclaré Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de la commune de Limete.
Dans la même déclaration à l’issue de cette réunion, il a souligné que les communes ne peuvent pas être pleinement impliquées si elles ne sont pas associées à la gestion des recettes.
Lire aussi Kinshasa : Félix Tshisekedi dénonce un manque de suivi manifeste dans la gestion de la salubrité publique
« Vous savez très bien que ce sont les lois qui fixent les compétences et les attributions. Depuis les dernières réformes en matière de gestion de la salubrité ou d’insalubrité dans la ville province de Kinshasa, l’autorité urbaine a créé une panoplie des régies et des structures urbaines. Je vais ici citer la REGEDEK (Régie de Gestion des Déchets de Kinshasa) , je vais citer le FONAK (Fonds d’Assainissement de Kinshasa), la RASKIN (Régie d’Assainissement de Kinshasa)… qui sont en réalité des structures qui s’occupent de l’assainissement dans la ville de Kinshasa. Et nous, les bourgmestres, sommes à la limite censés accompagner… Mais pour accompagner, nous devons être suffisamment associés », a déclaré le bourgmestre adjoint de Limete, Isaac Mukendi.
À l’interpellation du Chef de l’Etat, les autorités municipales ont réitéré leur engagement d’agir dans le cadre légal de leurs attributions pour une capitale salubre.
















































