Alors que la RDC fait face à une extension rapide de l’épidémie d’Ebola, la coalition le Congo N’est Pas à Vendre (CNPAV) est montée au créneau pour exiger des comptes sur l’utilisation des fonds mobilisés pour la riposte.
Dans une note publiée ce jeudi 13 août, ce consortium d’organisations non gouvernementales appelle à la transparence, l’orthodoxie et à la mise en place de mécanismes de redevabilité renforcés.
Le CNPAV indique que des financements importants ont été annoncés, dont 50 millions de dollars déjà mobilisés, avec 31 millions affectés via l’Institut National de Santé publique (INSP) pour des équipements, médicaments et actions de communication) et 19 millions dédiés à la gestion des personnels engagés dans la réponse.
Pourtant, des agents et prestataires de santé et des acteurs communautaires rapportent des retards et/ou le non-paiement de primes et prestations, malgré le fait que ces équipes interviennent en première ligne au péril de leurs vies.
De Bunia à Kisangani, des manifestations de colère ont éclaté près de Centres de traitement d’Ebola où les malades sont pris en charge. Les prestataires revendiquent des arriérés de trois mois de salaire.
Pour le CNPAV, cette situation ne relève pas d’un simple problème administratif. De son avis, en situation d’épidémie, tout retard ou dysfonctionnement dans le financement peut se traduire par une perte de chances pour les patients et une aggravation de la transmission.
« Des agents engagés dans la réponse à l’épidémie rapportent par ailleurs des retards ou des difficultés dans le paiement de leurs primes et prestations. Des nouvelles zones de santé atteintes sont dépourvues de dispositifs de riposte, facteur exacerbant les contaminations et l’extension de l’épidémie. Ces dysfonctionnements ne peuvent être considérés comme de simples problèmes administratifs.Dans une crise sanitaire de telle ampleur , tout retard de paiement, toute rupture de coordination ou toute défaillance logistique peut se traduire directement par une perte de chances pour les patients et par une aggravation de la transmission », indique le communiqué publié par le CNPAV.
Dans ce contexte, l’organisation salue l’appel formulé par la Première ministre, Judith Suminwa, à la recherche d’un rapport détaillé sur les fonds déjà décaissés. « Le CNPAV recommande que le rapport soit rendu public », ajoute la même source.
Le CNPAV demande également l’adoption de mesures permettant d’assurer un alignement clair et efficace des partenaires ainsi qu’une coordination rigoureuse des actions financées.
Faisant d’une pierre deux coups, le Congo N’est Pas à Vendre estime qu’une enquête parlementaire urgente est indispensable. Celle-ci devrait notamment examiner la gestion et l’utilisation des fonds, le paiement du personnel médical et communautaire, la coordination entre services et partenaires, d’éventuels dysfonctionnements ou détournements, ainsi que les responsabilités en cas de défaillances.
« Si des responsabilités sont établies, les responsables devront rendre des comptes devant la justice et devant le peuple congolais. La vie des Congolais n’a pas de prix. L’argent destiné à sauver des vies ne peut être géré dans l’opacité », peste le consortium d’ONGs.
Au-delà des aspects financiers, le CNPAV a également déploré l’inefficacité de la riposte face à la flambée des nouveaux cas.
Pour étayer son argumentaire, l’organisation s’appuie notamment sur les alertes lancées par le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’INRB co-découvreur du virus Ebola et de Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, le centre Africain de contrôle et prévention des maladies.
Ils ont dénoncé l’absence d’une coordination interne dans la riposte. Ce dysfonctionnement affecte l’ensemble de la chaîne allant de l’alerte communautaire à l’intervention.
À cet égard, le CNPAV appelle le gouvernement à renforcer la riposte dans les provinces touchées et à faire de la transparence et de la protection de la population une priorité absolue.
Selon le dernier bulletin épidémiologique, la RDC a franchi la barre de 4000 cas confirmés et de plus de 2000 décès soit un taux de létalité élevé.











































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