Dans le cadre de la restructuration des entreprises publiques, le président de la République Félix Tshisekedi a reconduit Vagheni Pay-Pay et Mahombi Kazibaziba Joseph en qualité de président du Conseil d’administration (PCA) et de directeur général de DRC Gold Trading SA, un établissement public spécialisé dans le négoce de l’or artisanal. Cette décision a été actée par ordonnance présidentielle lue sur la télévision nationale vendredi 11 septembre 2026.
Aux termes de cette ordonnance, Félix Tshisekedi a, par ailleurs, a jeté son dévolu sur Ngumbu Opango Séraphin qui occupera, pour sa part, les fonctions de directeur général adjoint.
Dans la même ordonnance, Kabianda Byamungu, Kapenda Mutshaka et Tshisekedi Ilunga sont nommés membres du Conseil d’administration de « DRC Gold Trading SA ».
De Primera Gold à DRC Gold Trading SA: la bataille pour le contrôle de l’or !
En décembre 2022, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé un accord de coopération pour assurer la traçabilité de minerais congolais, lutter efficacement contre leur exploitation illicite et mettre fin à la contrebande.
Au terme de cet accord, la société Primera LTD et la RDC ont créé deux sociétés Primera RDC, l’une Primera Gold, pour l’or et l’autre Primera Metals, pour les 3T (Étain, Tungstène, Tantale) afin d’intensifier la lutte contre la contrebande des minerais alimentant les conflits dans les provinces de l’est du pays.
La première année, la coentreprise a vendu 5 tonnes d’or artisanal, d’une valeur d’environ 300 millions de dollars. Cependant, les ventes ont diminué malgré des objectifs plus ambitieux pour 2024.
La création de ces deux entreprises devrait aussi être un moyen de nettoyer le secteur minier artisanal congolais où la contrebande a considérablement entraîné la perte de millions de dollars américains de recettes fiscales chaque année et aidé à financer des groupes armés qui continuent de semer la terreur dans la partie Est du pays, réputée pour son immense richesse minière.
L’entreprise a changé de dénomination en novembre 2024 après le rachat, par la partie congolaise, des participations détenues par le partenaire émirati. Le capital a alors été réparti entre l’État congolais (55%), le Fonds minier pour les générations futures (30%) et la Gécamines (15%).
De faibles exportations à une progression récente!
Avant 2023, la RDC exportait entre 25 et 100 kg l’an alors que plus de 50 tonnes quittent frauduleusement ce pays.
Cette situation s’explique par l’ampleur des exportations frauduleuses, notamment en provenance de la partie orientale du pays.
Mais depuis la nomination de Me.Joseph Kazibaziba, l’entreprise a réalisé des avancées significatives les trois dernières années. DRC GOLD Trading SA affirme avoir réussi à faire entrer dans le circuit officiel plus de 1,5 milliard de dollars à travers l’exportation de 11 tonnes.
D’ici 2030, l’entreprise ambitionne de reconquérir le marché et de capter jusqu’à 50 tonnes d’or, en misant à la fois sur la transformation locale, l’encadrement des transactions et la montée en puissance dans les zones de production artisanale.
Une stratégie en plusieurs leviers : raffinerie, extension et “marché milliard”
Sous Kazibaziba, DRC Gold Trading a ouvert la première raffinerie d’or à Kalemie et projette de lancer une autre à Kinshasa.
Au-delà de la raffinerie de Kinshasa, la vision 2025-2030 repose sur une extension des activités dans plusieurs provinces, avec un accent particulier sur la partie orientale où se concentre une grande partie de la production artisanale.
Dans cette dynamique, le directeur général de DRC GOLD Trading SA a récemment affirmé vouloir aller plus loin qu’une simple infrastructure industrielle.
L’entreprise vise la création d’un « billion market » soit un marché structuré autour de l’or congolais. Dans ce modèle, une bourse doit permettre de fixer les prix en francs congolais afin de créer un référentiel de vente et de réduire les paiements et transactions dépendant exclusivement de la devise américaine.
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« Dans les jours à venir, il est sûr et certain qu’avec l’extension de nos activités dans plusieurs provinces, surtout la partie orientale, nous arriverons finalement à capter plus de production. On ne va pas s’arrêter à avoir une raffinerie nationale à Kinshasa, mais on va arriver à ce qu’on appelle « billion market ». On va avoir notre marché d’or congolais avec une bourse qui sera fixée en francs congolais. Aujourd’hui, nous travaillons avec l’équivalent », a-t-il révélé.
















































