En République démocratique du Congo, le violon ne s’accorde pas entre la Direction générale des Impôts (DGI) et la société minière Kamoto Copper Company (KCC), détenue à 70% par le groupe Suisse Glencore. Au cœur de la discorde, les mesures de recouvrement forcé à l’encontre de cette société, lié à un contentieux fiscal évalué à plus de 6 milliards de dollars américains.
À Kolwezi dans la province du Lualaba, depuis ce jeudi 9 juillet, les installations de l’entreprise ont été scellées tandis que des camions transportant des produits miniers saisis ont été interceptés.
Cette procédure intervient après près de douze mois de négociations entre l’administration fiscale et les sociétés du groupe Glencore.
Durant cette période, les entreprises concernées ont bénéficié d’une amnistie fiscale, assortie d’une suspension des poursuites afin de favoriser un règlement à l’amiable. Cependant, en l’absence d’un accord satisfaisant, la DGI a repris les procédures de recouvrement prévues par la loi.
D’après les informations, la Direction générale des Impôts reproche notamment au groupe une minoration des prix de cession des minerais exportés. Elle met également en cause des pratiques supposées ayant conduit au transfert d’une part importante de la valeur créée vers des entités situées à l’étranger.
Dans le même temps, ces sources font état de pressions exercées sur l’administration fiscale pour l’inciter à renoncer à cette procédure.
De leur côté, les autorités congolaises affirment maintenir leur exigence : le paiement intégral des obligations fiscales du groupe tandis des discussions entre la DGI et Glencore doivent se tenir dans les prochains jours pour trouver une issue négociée.
Cette affaire, qui s’inscrit dans le contexte de la gestion des recettes tirées de l’exploitation minière, pourrait avoir des conséquences néfastes sur les filières cuprifère et cobaltifère, mais surtout des répercussions sur l’économie nationale essentiellement basée sur le modèle extractif.
Lors de la semaine minière congolaise de cette année 2026 (DRC MINING WEEK 2026), Glencore a revendiqué près de 10 milliards de dollars d’investissements en RDC depuis 2007 ainsi que la création d’environ 18 000 emplois directs et indirects.
« Glencore est fière d’opérer en RDC depuis 2007, par l’intermédiaire de ses actifs : Kamoto Copper Company (KCC), détenue conjointement avec la Gécamines et l’État congolais, ainsi que Mutanda Mining, avec la participation de l’État congolais. Au fil des ans, nous avons investi en RDC près de 10 milliards de dollars américains et créé des emplois directs et indirects pour environ 18 000 personnes », a déclaré la Présidente de Glencore RDC et présidente du conseil d’administration de Kamoto Copper Company (KCC), Marie-Chantal Kaninda, mettant en avant la contribution du groupe à la croissance économique de la RDC.
Le groupe affirme également s’être acquitté de « plus d’un milliard USD » d’impôts, taxes, redevances et autres obligations en RDC.
Kamoto Copper Company (KCC) est un producteur de cuivre et de cobalt en République Démocratique du Congo, détenu conjointement par Glencore (70 %), la Gécamines (25 %) et l’État congolais (5 %).

















































