En RDC, le gouvernement a mis en place une commission pléthorique constituée des responsables de la Cour de Cassation, du gouvernement, de l’Inspection Générale des Finances, du Conseil national de cyberdéfense, de l’Agence Nationale de Renseignement, de la Direction générale de Migration, ainsi que du Conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité, dans le cadre d’une stratégie de recouvrement et de récupération des créances insolvables dues Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI).
Chiffrées à près de 350 millions de dollars américains, plus de 500 créances échues et impayées remontent à près de vingt ans.
Le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des petites et moyennes entreprises, Justin Kalumba Mwana Ngongo qui assume l’intérim de l’Industrie, affirme qu’une part importante de ces fonds se trouve encore entre les mains de particuliers n’ayant pas honoré leurs engagements de remboursement.
Cette situation, a-t-il précisé, asphyxie le FPI, en paralysant sa mission première de catalyseur de l’économie réelle. De plus, le ministre estime qu’en bloquant la rotation des capitaux, l’insolvabilité des débiteurs empêche, de fait, le financement de nouveaux projets et limite la création d’emplois.
« À ce jour, autour de 350 millions de dollars sont entre les mains des personnes. Il n’est pas normal que des personnes qui ont reçu de l’argent de l’État ne le rendent pas alors qu’elles se sont engagées à le faire. C’est pour ça que nous disons qu’il faut absolument aider le FPI à recouvrer cet argent-là pour que nous puissions le réinvestir dans l’industrialisation du pays », a déclaré le ministre intérimaire de l’Industrie.
Pour mener à bon port cette mission, la Première Ministre, Judith Suminwa a présidé une réunion stratégique vendredi 03 juillet, au cours de laquelle, elle a donné des orientations pour structurer et prioriser les interventions.
« Nous ne devons pas nous limiter à la commercialisation des produits bruts ou des matières premières. Il faut absolument apporter une plus-value sur nos matières premières. Il faut les transformer localement. La question de l’industrialisation devient donc cruciale. On ne peut pas industrialiser le pays rien qu’en allant demander de l’argent auprès de la Banque mondiale. Il faut compter sur nos ressources nationales et internes », a insisté le ministre ad interim de l’Industrie, Justin Kalumba.
Dans ce cadre, le gouvernement prévoit d’abord d’affiner la catégorisation des dossiers, afin de déterminer la méthode la plus adaptée à chaque cas, de mobiliser les institutions compétentes pour assurer le recouvrement des fonds publics et ainsi examiner la nécessité de réinvestir ces ressources dans l’industrialisation et la création d’emplois.
Lors de la 93ᵉ réunion du Conseil des ministres, le président de la République, Félix Tshisekedi a souligné que le non-respect des engagements contractuels par certains bénéficiaires des financements du FPI freine le développement industriel de la République démocratique du Congo en nuisant aux capacités d’intervention de cet établissement public, appelé à jouer un rôle central dans la mise en œuvre de la politique nationale de l’industrialisation.
Le Chef de l’Etat a également précisé que le FPI est appelé à soutenir la création, la modernisation et l’expansion du tissu industriel national afin de renforcer notre autonomie productive, de créer des emplois et de réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur, d’où la nécessité de récupérer ces fonds.
« Chaque dollar recouvré doit être réinvesti au service de l’industrialisation nationale et de la prospérité collective », a le Félix Tshisekedi.
La commission mise en place est chargée de catégoriser les débiteurs selon leur bonne ou leur mauvaise foi, de négocier des règlements à l’amiable pour les créances recouvrables et, si nécessaire, d’engager des procédures de recouvrement forcé avec l’appui de la force publique.
En avril, le ministre de l’Industrie a rappelé qu’une part importante de ces créances est déjà considérée comme liquide et exigible, les dettes étant reconnues, les montants établis, les échéances dépassées et les débiteurs identifiés.
De son avis, retarder les actions de recouvrement exposerait le FPI à d’importantes pertes financières, avec des répercussions sur l’ensemble du secteur industriel, alors que le pays en quête de liquidités pour soutenir l’économie nationale.


















































