Les vices-premiers ministres de la Fonction publique et du Budget, Jean-Pierre Lihau et Adolphe Muzito ont harmonisé, ce jeudi 18 juin, leurs analyses en vue d’accélérer le paiement des agents et fonctionnaires de l’État certifiés, mais non encore mécanisés (non pris en charge en rémunération), tout en travaillant à réduire progressivement les disparités salariales au sein de l’Administration publique.
Cette concertation intervient après des instructions du président de la République Félix Tshisekedi, données fin mai lors d’un Conseil des ministres.
Le Chef de l’État avait notamment dénoncé le fait que plusieurs agents validement en service, identifiés et inscrits au FRAP (fichier de référence de l’administration publique), ne perçoivent aucune rémunération. Il avait aussi mis en avant des écarts importants entre administrations et entre services, particulièrement dans les entités territoriales décentralisées, avant d’exiger une régularisation.
Rationaliser la paie, inclure ceux qui attendent leur traitement
Dans sa communication à la presse, Jean-Pierre Lihau a expliqué que l’objectif est de rationaliser la gestion de l’enveloppe des rémunérations avec une approche consistant à éviter que les agents déjà rémunérés continuent de bénéficier d’autres augmentations tant que ceux qui ne sont pas payés n’ont pas été intégrés dans la paie.
« Il était important que nous puissions harmoniser nos analyses avant de les couler sous forme des décisions que nous aurons à prendre très prochainement. Cela concerne essentiellement la nécessité de rationaliser la gestion de l’enveloppe des rémunérations des agents et fonctionnaires de l’état en faisant en sorte que ces et ceux qui sont déjà bénéficiaires des rémunérations plus ou moins décentes ne soient plus concernés par d’autres augmentations avant que ces et ceux qui ne sont pas rémunérés soient inclus dans le fichier paye. Autrement dit, nous avons donc discuté autour de la mécanisation des agents et fonctionnaires de l’état non encore pris en charge en termes de rémunération », a expliqué le ministre de la Fonction publique.
Pour matérialiser les instructions présidentielles, le VPM a insisté sur une coordination étroite entre secteurs. Il a annoncé une prochaine tripartite entre la Fonction publique, le Budget et les Finances afin de finaliser les propositions et actions attendues par le gouvernement.
« La Fonction publique ne peut pas agir efficacement sans le Budget et les Finances », a-t-il relevé.
Vers une politique salariale nouvelle avec des mesures transitoires
Selon Jean-Pierre Lihau, la réforme s’inscrit dans une démarche progressive. Il a indiqué les prochaines mesures à engager sont transitoires en attendant l’entrée en œuvre d’une nouvelle politique salariale, annoncée pour garantir un traitement équitable sur l’ensemble du territoire, à Kinshasa comme en province.
« Pour le moment, il est question de prendre des mesures transitoires, intérimaires, en attendant le début de l’implémentation de cette nouvelle politique salariale qui permettra à ce que les agents et fonctionnaires de l’État soient traités de façon égalitaire et équitable, partout à travers le pays, que l’on soit ici à Kinshasa comme à province », a déclaré Jean-Pierre Lihau.
De son avis, l’efficacité et le rendement de l’administration publique dépendent de plusieurs facteurs notamment le traitement des agents et fonctionnaires. L’enjeu étant de permettre aux agents de travailler dans de meilleures conditions, tout en corrigeant les injustices et écarts accumulés depuis de longues années.
« Nous sommes en train d’agir pour de mettre à la disposition de notre pays, une administration publique efficace, forte, intègre, qui soit au rendez-vous du rendement et des résultats et véritablement proche de nos concitoyens. Pour que cela soit possible, il faut avoir des agents et fonctionnaires de l’Etat placés dans des conditions psychologiques optimales. Il faut que chaque fonctionnaire de ce pays soit rémunéré à sa juste valeur, au prorata de ce qu’il fournit comme travail, comme effort, pour justement essayer de permettre à l’Etat de créer davantage de richesse, d’être au service de nos compatriotes, et aussi d’améliorer la qualité, c’est ça l’objectif ultime, la qualité du service public », a-t-il souligné tout en dénonçant des injustices sociales subies par des fonctionnaires sur la question de rémunération depuis près de quatre décennies.
En mai dernier, le Président Tshisekedi avait ordonné la suspension des nouvelles revalorisations de primes pour les catégories d’agents déjà régulièrement rémunérés, tout en préservant les engagements issus des accords avec les partenaires sociaux et certains ajustements barémiques.
Le Président avait aussi interdit la mise en place de nouvelles commissions ou de structures permanentes afin de limiter l’apparition de nouvelles lignes de dépenses susceptibles d’alourdir la masse salariale.
Les économies attendues et l’enveloppe additionnelle prévue par le projet de loi des finances rectificative 2026 doivent, d’après les orientations présidentielles, être prioritairement destinées à la prise en charge progressive des agents certifiés et réguliers, mais non encore mécanisés.

















































