Après plusieurs années d’inactivité, la RDC s’apprête à signer son grand retour au Centre international des civilisations Bantu (CICIBA). Cette question a été portée devant le Conseil des ministres, par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Lors de cette réunion tenue vendredi 12 juin, le Chef de l’Etat a rappelé que la promotion de l’identité culturelle nationale, du patrimoine civilisationnel et de la diplomatie intellectuelle figure parmi les piliers de la souveraineté nationale et du rayonnement africain de la RDC.
À cet égard, il a appelé le gouvernement à élaborer une stratégie de relance de la participation active de la RDC au CICIBA dans le cadre de la vision CICIBA horizon 2026-2027.
Pour étayer sa démarche, Félix Tshisekedi a mis en avant la diversité linguistique et la position de la RDC au cœur du continent.
« La République démocratique du Congo constitue l’un des principaux foyers des civilisations Bantu », a-t-il déclaré.
Selon le président Tshisekedi, la relance de la participation au CICIBA contribuera à renforcer le rayonnement culturel et scientifique du pays, à promouvoir les langues nationales et les savoirs endogènes, à valoriser le patrimoine ainsi qu’à consolider la diplomatie culturelle et l’intégration régionale.
« Dans un contexte international marqué par les enjeux d’identité, de mémoire et de compétition culturelle, la République démocratique du Congo ne saurait demeurer en marge des mécanismes africains, des productions et des diffusions du savoir sur les civilisations africaines. Le CICIBA devrait à cet égard redevenir un instrument stratégique au service de la renaissance culturelle africaine et du rayonnement d’influence de notre pays », a ajouté Félix Tshisekedi.
Le président Tshisekedi a enjoint la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo à conduire en collaboration avec les ministre des Affaires étrangères, du Tourisme et de l’Intégration régionale, plusieurs actions visant notamment à évaluer la participation de la RDC au CICIBA sur le plan administratif, juridique, financier et diplomatique.
Sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa, le gouvernement a été appelé à régulariser les engagements et le cas échéant et d’examiner la possibilité d’accueillir en République démocratique du Congo les activités du CICIBA.
Créé le 8 janvier 1983, est basé à Libreville au Gabon, le Centre international des civilisations bantoues (CICIBA), est composé de onze États membres fondateurs dont l’Angola, le Cameroun, la Centrafrique, les Comores, la république du Congo, la république démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe et la Zambie.
Au terme de la Convention Intergouvernementale du 8 Janvier 1983 portant sa création, le CICIBA a été institué comme un foyer de recherche, de documentation, de formation, et de coordination et assigne au CICIBA, un certain nombre d’objectifs :
- Préserver et conserver les valeurs authentiques de la civilisation bantu, patrimoine commun aux peuples de langues et cultures bantu du nord au sud de l’Equateur, ainsi qu’à ceux de la diaspora
- Coopérer avec les institutions interafricaines et internationales à caractère culturel,scientifique et éducatif, en privilégiant et en intensifiant la coopération entre les pays de la zone bantu ;
- Constituer une banque de données et un centre de documentation sur les cultures et civilisations des peuples de langues bantu ;
- Promouvoir le développement des cultures par l’animation et le soutien à la créativité dans le monde contemporain ;
- Contribuer, par les moyens en son pouvoir, à faire intégrer dans les plans de développement, la dimension culturelle dans l’esprit de la « Stratégie de Monrovia » et du « Plan d’Action de Lagos »
- Diffuser et promouvoir les travaux de recherche sur la culture africaine en général, conformément à la « Charte culturelle de l’Afrique »
- Assurer la formation et le recyclage nécessaires aux pédagogues, artistes, chercheurs, animateurs culturels en vue du développement culturel.
- Favoriser entre les Etats membres des rencontres et échanges culturels.
À travers ses objectifs et ses programmes, la finalité du CICIBA, sa raison d’être essentielle, est la quête de l’identité culturelle des peuples bantu, c’est-à-dire, la connaissance approfondie de l’héritage ancestral de ces peuples dans leur ensemble, la préservation et la promotion, dans le monde contemporain, de toutes les valeurs authentiques de l’Afrique bantu.
















































