L’étau se resserre sur l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. Déjà condamné dans une affaire de détournement de 19,9 millions de dollars américains liés à la construction d’une prison à Kisangani, l’ex « Garde des Sceaux » fait l’objet d’une nouvelle procédure explosive.
Cette fois, la justice s’intéresse à des accusations portant sur des fonds destinés à l’indemnisation des victimes des activités belliqueuses de l’Ouganda en République démocratique du Congo, à Kisangani. Selon les éléments évoqués par le ministère public, il est question d’environ 20 millions de dollars, dont une partie aurait été détournée au profit du cercle politique de l’ancien ministre.
Appelé à comparaître en qualité de témoin, Constant Mutamba, désormais poursuivi, est accusé d’avoir fait indemniser des personnes liées à son parti au détriment des victimes.
Lors de la dernière audience avant les plaidoiries, le président du conseil d’administration du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), constitué en partie civile, Bernard Kalombola a affirmé que l’ex-ministre a manipulé la liste des bénéficiaires. Il soutient que 200 membres de son parti, la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), ont été intégrés à cette liste.
« Le coordonnateur l’a bien dit : c’est sur instruction du ministre qu’ils ont indemnisé ces personnes, lesquelles, selon moi, ne sont pas de vraies victimes. Ils ont créé de fausses victimes avec 200 personnes du NOGEC (le parti de l’ancien ministre) pour 200.000 dollars », a déclaré Bernard Kalombola.
D’après lui, cette somme n’a pas servi l’objectif initial de réparation. Elle a plutôt vocation à soutenir les activités politiques du parti de Mutamba, candidat à la présidentielle de 2023 et visant les scrutins prévus en 2028.
« Il y a un réseau mafieux qui collabore avec les deux coordinations pour que cela profite au NOGEC lors des élections de 2028. J’ai écrit à plusieurs reprises pour dénoncer cela », a-t-il insisté.
Absent à cette audience en raison de « vices de procédure », le conseil de l’ancien ministre n’a pas contesté les allégations formulées par la partie civile.
Alors que les plaidoiries devaient débuter ce mercredi 5 août, la Cour de cassation a décidé de renvoyer l’affaire de deux semaines. Cette mesure vise à intégrer un nouveau membre au sein de la composition de la juridiction.
Selon la Cour, ce délai permettra au magistrat nouvellement désigné de prendre connaissance de l’ensemble des pièces du dossier afin d’assurer une bonne administration de la justice et de garantir le respect des droits des parties.











































![Assainissement à Kinshasa : quand le Service national combine balai et fouet [Tribune de Hugues Mpaka]](https://eco24.cd/wp-content/uploads/2026/08/0a1d0dd2-4bec-4442-a2ae-22918e4dfe2b-360x180.jpeg)







