Le vice-premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, a, dans une nouvelle tribune, présenté une série de préalables à l’émergence économique de la République démocratique du Congo.
Dans son argumentaire, il affirme que la capacité de la RDC à devenir une puissance économique en Afrique dépend, inéluctablement, de la transformation de ses ressources naturelles en infrastructures, capital humain, industries, emplois et recettes publiques durables.
Selon Adolphe Muzito, ce cap s’inscrit dans un changement de paradigme impulsé par le Président Félix Tshisekedi, notamment à travers l’augmentation des ressources budgétaires propres.
« Avec le Président Félix Tshisekedi, les ressources budgétaires propres sont passées d’environ 4 milliards de dollars en 2019 à près de 15,2 milliards de dollars en 2026 », a-t-il déclaré.
Il estime par ailleurs que les recettes budgétaires propres pourraient atteindre près de 40 milliards de dollars d’ici 2035.
« Avec un PIB de 215 milliards de dollars et une pression fiscale de 17 % en 2035, les recettes budgétaires propres pourraient atteindre environ 40 milliards de dollars », a-t-il ajouté.
L’impact attendu de ces ressources supplémentaires d’ici 2035 serait de financer des projets structurants tels que les corridors routiers et ferroviaires, l’électricité, les ports, les aéroports, les infrastructures numériques, l’adduction d’eau, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrialisation ainsi que la défense.
Cependant, l’ancien Premier ministre estime que les ressources budgétaires propres ne devraient pas constituer la source unique de financement.
Une stratégie combinée : dette de construction et partenariats
Adolphe Muzito plaide en faveur du recours à la dette extérieure, pouvant atteindre jusqu’à 105 milliards de dollars d’ici 2035, à condition que le ratio d’endettement soit plafonné à 50 %.
« La RDC, étant financièrement quasi- vierge aujourd’hui, la dette extérieure doit être une dette de construction, non de consommation. Avec un PIB d’environ 215 milliards de dollars en 2035, un ratio d’endettement plafonné à 50 % représenterait un encours maximal d’environ 105 milliards de dollars », a-t-il préconisé.
Pour les modalités, il recommande une mobilisation progressive, en privilégiant des prêts concessionnels, des maturités longues ainsi que le financement exclusif de projets productifs (à fort potentiel de rendement économique et budgétaire).
Au-delà de la dette extérieure, le patron du Budget propose d’autres mécanismes, notamment :
- les Partenariats Public-Privé (PPP) pour les routes, les rails, les ports et l’énergie, tout en plafonnant les garanties et les risques pesant sur le budget ;
- un fonds souverain alimenté par des fonds mobilisés sur la base du gage de réserves minières évaluées à environ 2.000 milliards de dollars de gisements de lithium, cuivre, etc. ;
- les investissements issus du partenariat stratégique RDC–États-Unis, ainsi que ceux des partenaires européens, africains, asiatiques et autres.
Dans sa 36ième tribune, l’ancien chef du gouvernement a fixé une perspective économique faisant de la RDC, la 3ième puissance économique de l’Afrique subsaharienne avec un PIB porté à environ 215 milliards de dollars à l’horizon 2035, en partant d’un PIB de 122 milliards de dollars en 2026.


















































