Face à la contraction des financements humanitaires internationaux, la République démocratique du Congo a lancé sa stratégie pour renforcer sa capacité à mobiliser ses propres ressources.
Depuis le 26 août, Kinshasa a lancé sa campagne de solidarité nationale, une exigence à la fois humaine, sociale républicaine et de souveraineté alors que les besoins augmentent, notamment dans les zones touchées par les violences et les crises.
Mais le président de la République Félix Tshisekedi veut avoir un regard sur les ressources mobilisées. En Conseil des ministres du 28 août, il a insisté sur la nécessité d’en garantir la traçabilité et la redevabilité.
Le président Tshisekedi a engagé la République à organiser durablement la solidarité nationale et à apporter des réponses plus rapides aux populations en détresse.
Au-delà de l’aspect humanitaire, il a souligné que la campagne doit aussi servir de levier pour renforcer la cohésion nationale.
Selon lui, la solidarité doit devenir un facteur d’unité et de cohésion entre les Congolais, sans distinction de province, d’origine, de langue, de religion ou de conditions sociales.
« La souffrance d’un compatriote où qu’il se trouve sur le territoire national doit interpeller la nation tout entière », a-t-il déclaré tout en appelant à une mobilisation citoyenne.
Nonobstant, le président Félix Tshisekedi a precisé que cette mobilisation ne saurait se substituer aux responsabilités constitutionnelles et sociales de l’État.
« Elle doit, au contraire, compléter et amplifier l’action publique », a-t-il martelé.
Pour garantir la crédibilité et la pérennité de l’initiative, il a enjoint le gouvernement à fournir un appui institutionnel, financier, matériel et logistique substantiel à la hauteur de son ambition.
De son avis, cet accompagnement permettra d’assurer la permanence de la campagne ; la célérité des interventions ; la mobilisation effective des forces vives de la nation et surtout, le cheminement des ressources vers les personnes qui en ont effectivement besoin.
Rappelant l’importance de la transparence et à la redevabilité « indispensables » pour maintenir la confiance, il a insisté sur le fait que chaque contribution doit être « identifiée, sécurisée, tracée et affectée » à sa destination, selon des mécanismes rigoureux de contrôle, d’audit et de publication des résultats.
À cet égard, il a instruit le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, de définir dans les meilleurs délais un mécanisme approprié d’appui et d’accompagnement substantiel de la campagne de solidarité nationale. Il s’agira de préciser notamment les modalités de contribution de l’État; les sources de financement mobilisable; l’accompagnement logistique institutionnel requis ainsi que les dispositifs de contrôle, de traçabilité et de redevabilité.
La campagne se veut un dispositif permanent de solidarité, adossée à des règles de gestion renforcées, afin d’assurer l’efficacité des actions humanitaires et la confiance des donateurs et des bénéficiaires.


















































