Le vice-premier ministre chargé de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau, a alerté sur les conséquences “néfastes” des manifestations de type ville morte sur l’économie et la vie des populations en République démocratique du Congo.
S’appuyant sur des rapports d’institutions financières du système de Bretton Woods notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), le ministre affirme que ces journées de perturbation entraînent des pertes considérables, tant sur le plan macroéconomique que sur les finances publiques.
Des pertes économiques chiffrées à plus de 322 millions de dollars en une journée
Selon Jean-Pierre Lihau, la RDC peut perdre jusqu’à 322 millions de dollars en termes de PIB ou de production lorsqu’elle connaît des journées de ville morte.
« Lorsque la RDC connaît des journées telles que celles de Ville-Morte, les conséquences chiffrées peuvent être désastreuses. Ça, beaucoup de gens l’oublient. Conséquences, d’abord sur le plan économique. Le pays perd en une journée plus de 322 millions de dollars en termes de PIB ou de production », a-t-il déclaré.
Le Trésor public perd aussi
Au-delà de l’économie, la ville morte affecte également les recettes publiques. D’après le membre du gouvernement, le Trésor public perd en une journée plus de 40 millions de dollars de recettes.
Dans son argumentaire, le vice-premier ministre affirme que les pertes ne sont pas principalement assumées par les décideurs, mais par les petits opérateurs économiques : commerçants, tenanciers de boutiques, pharmacies, petits restaurants, ainsi que taximen et motocyclistes qui encaissent « cash » les effets de la perturbation.
Il soutient que les responsables politiques, le gouvernement, les parlementaires ou les hauts fonctionnaires ne sont pas ceux qui paient immédiatement la facture, contrairement aux citoyens ordinaires.
« Qui va payer tout ça ? C’est le petit peuple. C’est la petite économie qui va en souffrir. Ce sont nos petites entreprises, nos petits commerces, les tenanciers des boutiques, des pharmacies, des petits restaurants, les motocyclistes… qui vont les payer cash. Ce ne sont pas les responsables politiques, pas les membres du gouvernement, pas les parlementaires, pas les hauts fonctionnaires. Ce sont nos populations qui vont en pâtir », a martelé Jean-Pierre Lihau, estimant que le coût est supporté par les couches les plus vulnérables de la société.
Des conséquences sanitaires lourdes
Sur le plan social, Jean-Pierre Lihau évoque un impact « grave » sur les services de santé. Il soutient que jusqu’à 5 720 personnes pourraient mourir dans les hôpitaux lors d’une ville morte, en raison de l’absence du personnel médical.
Il ajoute que ce phénomène toucherait aussi des enfants citant « plus de 3 000 enfants » avant de dénoncer le fait que ce seraient principalement les victimes issues des structures publiques et des populations lambda.
« Jusqu’à 5720 personnes meurent dans nos hôpitaux lorsqu’il y a Ville-Morte à cause de l’absence du personnel médical. 5720 personnes dont plus de 3000 enfants. Pensez-vous que ce sont les enfants de ces responsables politiques qui risquent d’être parmi les victimes ? Je n’y crois pas. Parce qu’eux fréquentent les cliniques privées. Ce sont les enfants de Congolais lambda qui vont mourir. Faute de médecins, faute d’infirmières, de sages-femmes dans les centres de santé, de proximité dans les hôpitaux de l’État », a expliqué Jean-Pierre Lihau.
Débattre autour des idées plutôt que de pénaliser le peuple
Après ce bilan chiffré, le vice-premier ministre appelle à une approche politique différente. Selon lui, les divergences doivent exister, mais l’intérêt national doit primer.
« Il y a, je pense, une autre façon de faire de la politique entre adversaires sans faire souffrir davantage un peuple qui a déjà du mal à nouer les deux bouts du mois et qui se bat tous les jours pour participer à l’œuvre de la reconstruction de son pays. Nous devons, nous, nous affronter autour des idées. Projet contre projet, vision contre vision, argument contre argument. En débattant autour des problèmes critiaux qui se posent dans notre pays », a-t-il renchéri.
Le vice-premier ministre de la Fonction publique a invité les acteurs politiques de l’opposition à affronter le pouvoir en place autour des idées à travers des débats portant notamment sur le redressement économique; la reconstruction des tissus sociaux; l’éducation et la santé ; les infrastructures routières, l’énergie et l’environnement; les services publics, la recherche scientifique, la sécurité et la paix.
« Avoir des divergences, bien sûr, ça fait partie de la vitalité démocratique. Mais en faisant en sorte quand même que l’intérêt supérieur de la nation l’apporte toujours sur les intérêts partisans. J’ose espérer que chacun de nous saura vaincre ses propres préjugés et se remettre en question. Pour que nous puissions faire vivre la République, une vraie République et réconcilier nos compatriotes avec l’avenir », a-t-il conclu.
La position du vice-premier de la Fonction publique faisait suite à l’appel de l’opposition à une « ville morte » en signe de protestation contre la révision constitutionnelle soutenue par la majorité au pouvoir.
En réponse, le gouvernement par le truchement du VPM de la Fonction publique, a déployé une mission d’inspection dans les différents services et administrations afin de s’assurer de la présence effective de tous les agents et fonctionnaires de l’Etat appelés à la neutralité, impartialité et à l’apolitisme.
















































