Le député national Romain Landry Bussa Mbule a déposé une question écrite adressée au ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde afin d’obtenir des éclaircissements sur le retard observé dans le décaissement des fonds destinés à la Zone Économique Spéciale (ZES) du Sud-Ubangi.
Cette initiative parlementaire, explique le député, vise à faire toute la lumière sur ce dossier structurant adopté en conseil des ministres depuis juillet 2023, mais dont les financements ne sont toujours pas disponibles à ce jour.
Loin d’être un simple problème administratif, le député souligne que ce dossier présente des enjeux concrets de développement local notamment la création d’emplois pour les jeunes et une meilleure valorisation de productions pour les agriculteurs locaux.
« Au-delà de l’économie, c’est aussi une province entière, le Sud-Ubangi, notamment le territoire de Budjala qui aspire à un décollage porté par l’investissement et la création de chaînes de transformation », a-t-il déclaré.
Le volet historique du projet remonte à près de trois années. Julien Paluku, alors ministre de l’Industrie, avait plaidé en faveur de la création d’une ZES au Sud-Ubangi lors d’un Conseil des ministres tenu le 7 juillet 2023. À cette occasion, il avait présenté le projet en vue de désenclaver cette partie du pays.
L’actuel ministre du Commerce extérieur avait, lors d’une visite du port d’Akula sur la rivière Mongala en octobre 2020, identifié des défis en lien avec l’évacuation et la transformation des produits agricoles. Il a notamment évoqué l’existence d’un potentiel économique bloqué, faute de solutions logistiques et industrielles : impossibilité d’acheminer les produits et de les transformer sur place.
Il avait également mis en exergue le corridor RDC–RCA–Cameroun mais sous-exploité, ainsi que des infrastructures à relever : la construction du Pont Bangui-Zongo, la route Zongo-Akula (environ 350 km) et le port d’Akula.
Un besoin de financement estimé à 12,5 millions de dollars
La création de la Zone Économique Spéciale se veut une réponse visant à valoriser économiquement ce corridor et à débloquer le potentiel du grand Équateur. Le ministre avait sollicité l’intervention du gouvernement pour un financement évalué à 12,5 millions de dollars américains.
Le projet avait été adopté à l’unanimité au sein du Conseil des ministres. Toutefois, malgré cette validation politique et financière, le décalage entre l’adoption du projet et sa mise en œuvre effective, à travers le décaissement des fonds freine l’exécution d’un projet porteur d’emplois, de transformation économique et de croissance régionale.
















































