Le gouvernement congolais s’est insurgé contre les propos tenus par l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, lors d’une interview accordée à un média belge le 23 mars, à Goma, chef‑lieu de la province du Nord‑Kivu, actuellement en partie occupée par la rébellion du M23, soutenue, selon les autorités, par le Rwanda.
Lors d’un point de presse organisé à Bandundu‑ville, en marge de la 13e conférence des gouverneurs, le porte‑parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a relativisé ces déclarations, estimant qu’elles n’étaient « pas nouvelles » et ne méritaient pas une réaction gouvernementale disproportionnée.
« Moi, je veux interdire à tous les Congolais patriotes ce mot-là (soudanisation), parce que c’est aussi une stratégie de manipulation. On veut inoculer le venin d’un nouveau mot pour que ce mot puisse se répandre », a‑t‑il déclaré.
Le ministre de la Communication et des Médias a par ailleurs souligné le parallélisme entre la date choisie par l’ancien chef de l’État, le 23 mars, et l’anniversaire du M23, ce mouvement armé qui occupe de larges pans de territoire dans les deux Kivus.
« Le choix de la date n’est pas un choix anodin. On choisit de faire la communication le 23 mars, alors que l’on est à Goma. C’est comme une revendication des actes qui sont posés. Et cela traduit aussi l’intention, le plan réel que nous avons », a martelé le porte‑parole du gouvernement.
Depuis sa résidence à Goma, le président honoraire Joseph Kabila a analysé la situation sécuritaire en RDC. Selon lui, si la crise n’est pas gérée correctement, le pays risque de connaître des débordements incontrôlables.
À défaut d’action, l’autorité morale du Front commun pour le Congo (FCC) craint un sort similaire à celui du Soudan.
« Je ne pense pas, mais il faut bien reconnaître que les ingrédients sont en place. Et si on ne gère pas bien la crise, on risque d’avoir des situations qui sont tout à fait incontrôlables. Beaucoup évoquent la balkanisation, moi je parle de la soudanisation de la crise en RDC. Il y a des points communs entre ce que traverse notre pays et ce qui a amené l’implosion du Soudan », a‑t‑il averti.
















































