Depuis Baraka, dans le territoire de Fizi, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a établi un bilan tragique des affrontements ayant conduit à la prise de la ville d’Uvira, qui était le siège des institutions provinciales avant son occupation par les rebelles de l’AFC-M23.
Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement provincial, Didier Bashizi, a annoncé que 413 civils ont été tués, victimes de balles, grenades et bombes à Kamanyola, Katogota, Luvungi, Bwegera, Luberizi, Mutarule, Lumera, Sange et Kiliba, tout en précisant que des enfants et des femmes ont été particulièrement touchés.
Les autorités attribuent ces atrocités aux forces spéciales rwandaises et à des mercenaires étrangers, opérant en violation du cessez-le-feu ainsi que des accords de Washington et de Doha.
« Le gouvernement provincial du Sud-Kivu souligne que ces violences ne sont pas des actes isolés, mais s’inscrivent dans une intention manifeste de carnage. Elles visent en particulier les familles des résistants locaux, ciblées délibérément pour briser toute capacité de résistance, semer la terreur et imposer des déplacements forcés massifs », a déclaré le porte-parole.
La situation humanitaire est déjà préoccupante : plus de 200 000 personnes ont été contraintes de fuir Uvira dans des conditions précaires, sans un mécanisme d’assistance humanitaire adéquat.
Face à cette crise, les autorités provinciales insistent sur la nécessité d’une réponse urgente et concertée.
« Le gouvernement provincial appelle la communauté nationale et internationale à prendre conscience de la gravité des violations des droits de l’homme en cours, et alerte sur le risque d’un nouveau carnage à grande échelle. Nous demandons une mobilisation immédiate pour protéger les populations civiles et restaurer durablement la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo », précise le communiqué.
À Uvira, le calme précaire observé durant la nuit du 9 au matin du 10 décembre, grâce à la présence visible des forces de défense et de sécurité sur les principales artères, a rapidement laissé place à la panique suite à l’entrée des rebelles.
















































