Quelques jours après une première sortie médiatique ayant suscité de vives réactions, le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL SA), Teddy Lwamba s’est à nouveau exprimé sur les efforts déployés pour améliorer la desserte électrique à Kinshasa.
Dans une interview accordée en lingala, l’une des quatre langues nationales de la République démocratique du Congo, le patron de la SNEL a notamment défendu le recours à une centrale flottante de 134 mégawatts, une solution de transition destinée à renforcer l’offre électrique à court terme face au déficit observé dans la capitale.
Selon Teddy Lwamba, l’électricité distribuée à Kinshasa demeure actuellement d’environ 600 mégawatts, alors que la ville compte plus de 20 millions d’habitants.
Face à ce constat, il estime que la mise en œuvre de la centrale flottante pourrait permettre une amélioration d’environ 20 % de la desserte électrique dans la capitale.
« La SNEL entreprend des efforts afin de récupérer sa puissance de desserte électrique. Comme vous le savez, le G25 est désormais en marche. Nous avons également relancé un groupe à Zongo, mais nous disposons aussi d’autres solutions. On ne peut pas rester les bras croisés et voir la situation s’empirer. C’est pour cela que nous avons fait appel à une solution palliative », a déclaré le directeur général.
Interrogé après des controverses, Teddy Lwamba a précisé que la SNEL n’a déboursé aucun centime dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise turque Karpowership, spécialisée dans la production d’électricité à partir de centrales flottantes.
Il a indiqué que le bateau-centrale sera installé à Matadi et que l’initiative relève d’un investissement privé.
« Je tiens à préciser que le bateau flottant de Karpowership qui arrive bientôt n’est pas un investissement de la SNEL. La SNEL n’a mis aucun rond, et encore moins l’État. C’est un privé qui est venu avec sa solution et son investissement. C’est d’ailleurs la SNEL qui tirera profit de cet investissement, car la société utilisera nos réseaux et l’énergie augmentera le niveau de production, notamment à Kinshasa », a-t-il expliqué.
Au-delà de l’apport annoncé de nouvelles capacités de production, Teddy Lwamba a insisté sur la nécessité de combattre les raccordements frauduleux et de mettre fin au vandalisme affectant les installations électriques.
Dans ce cadre, l’établissement public annonce le déploiement des des officiers de police judiciaire et des éléments des services de sécurité aux côtés de ses agents afin d’identifier les personnes impliquées dans les fraudes.
« Il faut également éviter le vandalisme. À partir de lundi, nous allons commencer le recouvrement. Tout individu connecté aux installations de la SNEL sans habilitation sera poursuivi en justice, car les OPJ seront déployés partout à Kinshasa, avec les services de sécurité. Nous allons aussi identifier pour que toute personne qui n’a pas qualité pour se connecter au réseau n’y accède pas », a affirmé le DG.
Le directeur général a également appelé la population à s’acquitter de ses factures d’électricité estimant que la mobilisation des usagers est essentielle au financement des activités de l’entreprise.
« Il faut aider la SNEL en contribuant à ses activités commerciales », a-t-il ajouté.
Teddy Lwamba a indiqué que l’amélioration durable de l’approvisionnement électrique ne repose pas uniquement sur la centrale flottante. Il a aussi annoncé la construction d’un parc solaire; la mise en chantier d’une centrale hydroélectrique avec une livraison prévue dans environ 36 mois.


















































