Dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II consacré à sa première année d’action, le vice-premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau a défendu les réformes engagées au sein de l’administration publique.
D’entrée de jeu, Jean-Pierre Lihau a déclaré que « l’administration publique était totalement désagrégée et n’existait que nom ».
« C’est tout un système qui avait failli.Il faut dire les choses comme elles sont. Lorsque j’arrive aux responsabilités, je trouve cette administration dans un état comateux, tout près de rendre l’âme », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, il fallait une thérapie de choc. Dans cette optique, il a énuméré les actions engagées reposant sur trois objectifs principaux.
Le premier axe a porté sur la réorganisation des services assortie d’une réforme du cadre juridique et d’une révision du statut des fonctionnaires.
Selon le vice-premier ministre, cette réforme visait à rationaliser les règles de recrutement, l’un des principaux foyers de dysfonctionnement de la Fonction publique. Il a notamment dénoncé la politisation des recrutements sans planification préalable.
Jean-Pierre Lihau a soutenu que le système a dérivé au point d’atteindre « le paroxysme » avec « plus d’un million de recrutements en deux ans ».
« C’est là où logeait le diable dans notre pays. On recrutait politiquement à tout de bras et à tout va. Chaque parti politique envoyait des listes et avait une pléthore terrible qui s’était installée au sein de toutes nos administrations. Ces recrutements se faisaient souvent de manière complaisante sans observation de profils. Ce qui a engendré finalement un monstre. On a eu une administration qui dysfonctionnait de façon systémique. Il y a même eu une période où on a atteint le paroxysme de la bêtise humaine avec plus d’un million de recrutements en deux ans », a-t-il expliqué.
Jean-Pierre Lihau a comparé la situation congolaise à celle de quelques pays africains notamment la Centrafrique qui compte environ 30 000 fonctionnaires.
Le vice-premier ministre a qualifié ces recrutements « introduits sans planification » de « crime ».
Pour lui, cet état de lieux a mis en exergue l’urgence de remettre de l’ordre dans le mécanisme de gestion des effectifs.
Au-delà de la réorganisation, le VPM Lihau a cité une kyrielle de mesures visant à encadrer davantage la performance et l’organisation des carrières. Il s’agit notamment de l’évaluation des compétences, l’introduction de la notion de licenciement pour attitude professionnelle, la contractualisation, ainsi que des dispositifs liés au régime de retraite y compris une « retraite de posthume ».
En outre, le gestionnaire des ressources humaines de la RDC a évoqué la mise en place de référentiels des emplois au niveau des ministères, en lien avec les effectifs maximaux, afin que les administrations ne dépassent plus les limites fixées.
Dans la même logique, il a fait par de l’actualisation des règlements d’administration qui, selon lui, dataient de plusieurs décennies et ne correspondaient plus aux réalités actuelles.
« Il fallait changer pour pouvoir atteindre le triptyque un agent, un poste, un salaire. Il fallait savoir qui était fonctionnaire et qui ne l’était pas », a ajouté le VPM de la Fonction publique.
Maîtrise des effectifs et masse salariale via la numérisation
Le deuxième défi concernait la maîtrise des effectifs et de la masse salariale, notamment à cause, selon le ministre, de l’impossibilité de déterminer avec certitude qui était réellement fonctionnaire.
Pour corriger cette situation, les réformes ont misé sur des outils de contrôle dont l’identification biométrique.
« Dans notre système, dans notre pays, on ne savait même plus qui était fonctionnaire et qui ne l’était pas. D’où l’urgence de mettre en place des outils pouvant nous permettre d’avoir la maîtrise des effectifs et de la masse salariale qui va avec. Les gens ont vu enclencher le processus de l’identification biométrique en changeant le paradigme », a-t-il déclaré.
À travers cette démarche, la fonction publique s’est transportée vers les administrations, y compris dans les provinces et territoires, afin d’obtenir un nombre exact et d’identifier le personnel dans leur lieu d’affectation.
En conséquence, le régime général a connu une évolution entre 1 425 000 fonctionnaires au départ et plus ou moins 700 000 fonctionnaires, grâce à la numérisation via l’identification biométrique appuyée sur trois étapes : remontée de données, certification puis identification biométrique.
In fine, Jean-Pierre Lihau a soutenu que l’ensemble de ces réformes vise à restaurer le fonctionnement normal de l’administration publique, en liant restructuration encadrement du recrutement, évaluation, gestion de carrière et numérisation.


















































