Des avenues entières et des quartiers ténébreux. Des artères publiques stratégiques sans éclairage public.
La ville de Kinshasa, de surcroît capitale de la République démocratique du Congo est victime d’une gestion, pour le moins catastrophique de l’établissement chargé de distribution de l’électricité, la SNEL, et par extension d’un ministère sectoriel fantomatique.
En dépit de cet état de lieux fâcheux, la Société nationale d’électricité (SNEL SA) privilégie de rançonner les populations habituées à l’obscurité.
Alors que la mégapole broie littéralement du noir en raison des coupures intempestives de l’électricité et des délestages récurrents, bref, d’une offre énergétique en deçà de la moyenne, la SNEL a lancé ce jeudi 1er octobre, un recouvrement « forcé et intensif » de toutes les factures de consommation d’électricité impayées.
Dans son communiqué du 30 septembre, la direction générale de la SNEL exhorte les abonnés insolvables à régulariser leur situation sans délai en respectant ses canaux de paiement officiels.
L’établissement public dirigé par l’ancien ministre, Prof. Dr Ir Teddy Lwamba Muba appelle ses clients à payer « sans délai » les factures concernées uniquement via ses guichets et à recevoir leurs paiements contre acquits informatisés.
La SNEL précise qu’en cas de contrôle par ses agents, les abonnés devront présenter les preuves de paiement.
Elle prévient également que la persistance des factures impayées déclenchera ipso facto la procédure de coupure de la fourniture d’électricité et que le rétablissement du courant n’interviendra qu’après le paiement intégral de toutes les factures.
Hormis la régularisation des factures en souffrance, la SNEL menace aussi d’imposer des frais de rétablissement liés à la remise en service, sans toutefois révéler le montant chiffré.
Lors d’un briefing animé au soir du lancement de l’opération de recouvrement forcé, le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba, a attribué les coupures intempestives d’électricité qui touchent plusieurs villes du pays, y compris Kinshasa, à une baisse importante du niveau d’eau.
De son avis, cette situation affecte le fonctionnement de plusieurs installations de production. « Des machines sont à l’arrêt », a-t-il indiqué.
Pour pallier la situation et améliorer la desserte, particulièrement à Kinshasa, la SNEL a recouru à la location d’un bateau-centrale flottant d’une capacité de 134 mégawatts.
En partenariat avec l’entreprise turque Karpowership, spécialiste de la production d’électricité à partir de centrales flottantes, ce bateau-centrale sera installé à Matadi.
Selon lui, cette solution devrait permettre une amélioration de l’ordre de 20 % de la desserte en électricité dans la capitale, actuellement injectée à Kinshasa, estimée à 600 MW.
« En termes de disponibilité, le plus important à faire est de pouvoir investir dans l’outil productif et de couvrir la population avec une énergie supplémentaire. C’est ce à quoi, aujourd’hui, nous sommes en train de nous atteler », a indiqué Teddy Lwamba précisant qu’il s’agit d’une solution d’urgence, mobile et rapide à déployer, qui pourrait être disponible dans un délai d’environ un mois.
Au-delà des problèmes techniques inhérents à la baisse drastique du niveau d’eau, le DG a mis en avant les difficultés liées au recouvrement des factures d’électricité, notamment auprès des institutions publiques.
Selon lui, l’Etat est le premier insolvable auprès de la SNEL alors qu’il représente environ 25 % de la consommation d’électricité.




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