À Kolwezi, au cœur du Lualaba, la capitale mondiale du cobalt, derrière le boom minier, se cache une réalité plus sombre. Alors que des sociétés détenues par des expatriées s’attirent les pierres précieuses, la population locale, elle, est exposée à des pollutions environnementales.
Selon le député national Eddy Ilunga Mbuyu, des activités de l’entreprise Ruashi Mining, une joint-venture détenue à 75 % par le groupe chinois Jinchuan Group sont à l’origine de pollutions environnementales au quartier Dilungu, exposant les habitants à une détérioration grave de leur état de santé.
Dans une motion d’information, l’élu accuse la société Ruashi Mining de poursuivre ses activités, malgré la suspension officielle.
D’après le député, membre de la commission Environnement, tourisme, ressources naturelles et développement durable de l’Assemblée nationale, l’entreprise a repris ses activités il y a environ six mois.
« Il y a trois mois que la ministre en charge de l’Environnement a été alertée par cette situation et s’est rendue sur le lieu pour s’imprégner réellement de la situation. Sur place la ministre a demandé une délocalisation en urgence de cette population exposée », a-t-il déclaré.
Cependant, malgré ces instructions, le député estime que la situation reste non maîtrisée sur le terrain. Il indique que la population n’est toujours pas déplacée et déplore que l’entreprise n’ait pas encore délocalisé les habitants, continuant à mener ses activités.
Selon lui, les impacts sont à la fois sanitaires et environnementaux. Il cite des saignements de nez chez les enfants exposés aux substances issues de la pollution ainsi que la détérioration des habitations.
« Ça fait trois mois et aujourd’hui il y a des équipes d’une commission provinciale de la délocalisation qui est en train d’identifier les victimes et une commission sanitaire pour la prise en charge de cette population. Il s’agit de signaler ici que la population est exposée à une détérioration grave sur le plan sanitaire. Les enfants saignent du nez, les toitures sont perforées par des acides et la société n’a pas encore délocalisé mais elle continue ses activités », a-t-il ajouté
Au-delà des constats, l’élu alerte sur un risque sanitaire durable notamment des maladies respiratoires et d’autres affections liées à l’environnement.
Dans sa motion, le député appelle le Chambre basse et le gouvernement à prendre des mesures immédiates notamment la suspension les activités de Ruashi Mining avant toute délocalisation ; la délocalisation des populations mais aussi une réparation des dommages causés par la pollution, afin d’éviter la persistance des risques sanitaires.


















































