Le gouvernement congolais s’apprête à réformer en profondeur sa politique salariale dans la fonction publique.
Déterminé à promouvoir la méritocratie et à rompre avec des pratiques déviantes, le vice-premier ministre de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau a annoncé que dès 2027, la rémunération ne sera plus liée au numéro matricule administratif, mais au travail effectivement presté.
Selon Jean-Pierre Lihau, cette mesure entend remplacer un système historiquement centré sur des éléments administratifs par une logique davantage fondée sur la contribution réelle des agents.
Il a indiqué que le principe retenu à l’horizon 2027 s’articulera ainsi : « un poste, un salaire et non plus » d’après le numéro matricule ».
Le gestionnaire des ressources humaines de la RDC a justifié cette réforme par des dysfonctionnements dans le système actuel. Il a mis en lumière l’existence des cas de fonctionnaires inscrits dans les fichiers administratifs, notamment dans le FRAP, le registre des agents, mais qui ne prestent pas.
« Nous faisons en sorte que dans la nouvelle politique salariale, seuls ceux qui prestent réellement soient mécanisés. En somme, nous n’allons plus, à partir de 2027, rémunérer le numéro matricule. Nous allons rémunérer le travail accompli », a affirmé Jean-Pierre Lihau qui révèle que certains agents à l’étranger ou encore des travailleurs ayant rejoint le secteur privé continuent à percevoir des salaires.
« C’est terminé », a-t-il a ajouté précisant que la nouvelle politique salariale visera à faire cesser cette situation.
Qui plus est, la réforme entend rendre justice aux agents qui, eux, accomplissent effectivement leurs missions mais ne sont pas rémunérés à la hauteur de leur engagement.
« Il y en a d’autres qui prestent, mais qui ne sont pas rémunérés. Ce qu’il faut faire, c’est rendre justice à ces gens-là qui ne touchent pas leur salaire alors qu’ils travaillent », a-t-il dit.
Au cours du même briefing de presse, le Vice-premier ministre a également évoqué l’évolution des effectifs mécanisés par le gouvernement.
« Lorsque j’arrive aux responsabilités, j’ai trouvé 182.000 fonctionnaires dans le fichier depuis 1960. En effet, seuls 182.000 fonctionnaires étaient mécanisés. J’ai ajouté sur ces 182.000, 197.000 en quelques années et nous sommes en train de continuer sur cette dynamique pour que nous puissions prendre en compte tout le monde », a déclaré le VPM de la Fonction publique.
Toutefois, il a laissé entendre que le mécanisme de mécanisation est désormais conditionné par la prestation réelle. Autrement dit, la réforme cherche à aligner les paiements sur l’activité effective des agents, et non sur la seule existence administrative.
La nouvelle politique salariale qui doit entrer en vigueur à partir de 2027, se veut un levier d’assainissement de la fonction publique pour corriger les pratiques frauduleuses ou dysfonctionnelles et renforcer la discipline au sein de l’administration.


















































