Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki a formellement décliné toute implication dans l’utilisation des fonds du gouvernement central destinés à la prise en charge des sinistrés des inondations survenues à la suite des pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur la capitale, en avril dernier.
Faisant suite à l’ultimatum de 48 heures lancé par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Sécurité, Affaires Coutumières et Décentralisation, Jacquemain Shabani exigeant des explications sur la gestion des fonds aux sinistrés des pluies d’avril, le gouverneur Daniel Bumba rejette toute responsabilité.
Dans sa correspondance, le chef de l’exécutif provincial a rappelé que la crise humanitaire a été placée sous l’autorité directe de Jacquemain Shabani via une commission ad hoc interinstitutionnelle et décline formellement toute implication dans l’utilisation des ressources du gouvernement central.
« Je voudrais relever à votre attention que face à cette crise humanitaire, la priorité pour la Ville était d’évacuer en urgence les populations restées sans abris pour leur transfert vers les centres d’hébergement mis à disposition par le Chef de l’Etat. Par ailleurs, la Commission ad hoc mise en place pour la gestion de cette crise humanitaire a été placée sous votre autorité », écrit Daniel Bumba.
Placée sous la direction du VPM de l’Intérieur, la Commission Interinstitutionnelle était constituée des délégués de la Présidence, de la Primature, du Ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, du Ministère des Affaires Sociales et Actions Humanitaires, du Ministère de l’Environnement, de la CPAU, etc. Le gouvernement provincial était représenté par son ministre de la Santé.
« A ce jour, les services mandatés à cet effet, à savoir la Cellule Permanente d’Alerte et d’Urgence(CPAU) et particulièrement les services des Finances près Votre Ministère, sont à pied d’œuvre pour produire le rapport final des opérations y afférentes que nous attendons tous », a-t-il ajouté.
Nonobstant, Bumba a assuré que la ville de Kinshasa ne manquera pas de tirer les éléments nécessaires du rapport afin de répondre à la demande du Vice-Premier Ministre et d’apporter des éclaircissements sur la gestion de cette crise humanitaire.
Parallèlement, les sinistrés qui étaient hébergés dans quelques sites d’accueil dont le stade du 20 mai, ont été déguerpis et passent nuit à la belle étoile à la devanture de l’Hémicycle, exposés aux intempéries.
Ils avaient campé aux abords de la Cité de l’Union africaine sur l’avenue des Écuries, non loin de la résidence du président Félix Tshisekedi.
Dans un rapport de la Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) relayé par ACTUALITE.CD, des sinistrés dénoncent des indemnisations partielles et inégales.
« La distribution des indemnisations a été très inégale. Certains ont touché 100, 200, 300, 500 ou 1 000 dollars. Cela se faisait dans de mauvaises conditions, souvent la nuit. On nous faisait signer des documents sans mention de montant, on nous remettait les enveloppes qu’il était interdit d’ouvrir sur place. Vers minuit ou à 5 heures du matin, on nous embarquait dans des ambulances comme si nous étions malades. Certains ont trouvé à l’intérieur 150 000 ou 300 000 FC. On nous déposait ensuite à Kingasani ou à la 17ᵉ rue, livrés à nous-mêmes. Beaucoup ont perdu la vie après avoir reçu des sommes dérisoires », a témoigné Bienvenu Mwanza, président des sinistrés du site de Kinkole, cité par la même source qui a également alerté sur des cas de fraude et des soupçons de détournement.
« Nous ignorons toujours le montant réellement prévu pour chaque sinistré. Le ministre provincial de la Santé parle de 6 000 dollars, ce qui est faux. Nous n’avons reçu aucune visite des autorités nationales ou provinciales. Le ministre faisait tout lui-même : il préparait les enveloppes, fixait les montants selon son gré et distribuait personnellement l’argent », a-t-il affirmé.
















































