Le Front Commun pour le Congo (FCC) est vent débout contre les poursuites judiciaires en gestation à l’encontre de son autorité morale et ancien Président de la République, Joseph Kabila Kabange, suite à une requête introduite au Sénat pour obtenir la levée de ses immunités.
D’entrée de jeu, le FCC dénonce une énième tentative de violation de la constitution et des lois de la République par le pouvoir en place soulignant qu’en tant qu’ancien Président de la République élu, le statut de Sénateur à vie est constitutionnel et non parlementaire aux termes de l’article 104, alinéa 7.
« Ce statut est inaliénable, imprescriptible et sans coloration politique. En conséquence, il ne peut, en aucun cas, faire l’objet de remise en cause, pour des considérations politiques ou judiciaires, ni par le Bureau du Sénat, ni par aucune autorité administrative ou judiciaire », déclare Raymond Tshibanda, président de la cellule de crise du FCC qui précise que toute poursuite à l’encontre du Président honoraire doit suivre la procédure définie par la Loi n°18/021, du 26 juillet 2018, portant Statut des Anciens Animateurs des Institutions qui, en son article 8.
Cette disposition stipule: « pour les actes posés en dehors de l’exercice de ses fonctions, les poursuites contre tout ancien Président de la République élu sont soumises au vote à la majorité des deux tiers des membres des deux chambres du Parlement réunies en Congrès suivant la procédure prévue par son règlement intérieur ».
La famille politique de l’ancien Chef de l’Etat avertit que violer la loi précitée en instrumentalisant l’appareil judiciaire aux fins politiques, représente un risque majeur pour la démocratie et la stabilité des institutions, étant donné que cette la loi précise vise à « garantir l’alternance démocratique ainsi que la stabilité et la pérennité des institutions pour la consolidation de la démocratie ».
« Non assise sur le moindre indice d’actes répréhensibles, cette tentative d’ouverture de poursuites judiciaires contre le Président de la République honoraire est la dernière en date d’une longue série de provocations, délibérément orchestrées, pour essayer, sans succès, de pousser ce dernier à descendre du piédestal d’homme d’Etat sage, respectueux de la constitution et soucieux de la cohésion nationale qu’il est », lance le FCC.
Cette formation de l’opposition affirme que cette initiative est politiquement motivée et participe à la stratégie du pouvoir actuel, consistant à créer « une diversion » pour occulter sa responsabilité dans la génération des problèmes de fond ainsi que son incapacité à les résoudre.
« C’est ce comportement, digne de véritables pyromanes, qui finit par pousser un nombre de plus en plus croissant de nos concitoyens, persécutés sans raison et sans défense, à choisir le chemin de l’exil, voire à assumer le devoir républicain que notre Constitution impose aux Congolaises et Congolais, aux termes de l’article 64, alinéa 2 », martele l’ancien ministre des Affaires étrangères reprochant, sans vaciller, l’immaturité politique et l’irresponsabilité de ceux qui assument des hautes charges.
Dans cette dynamique, le FCC décèle « la duplicité maladive, doublée d’irresponsabilité » du pouvoir en place derrière les poursuites judiciaires contre son autorité de référence.
« A l’international, il donne, aux puissants du monde en quête légitime de minerais stratégiques et dont il cherche l’adoubement pour s’assurer une longévité infinie, l’impression de vouloir et de rechercher la paix et donc d’accueillir favorablement les diverses initiatives qui poursuivent cet objectif. En interne par contre, il s’évertue à allumer, chaque jour, des nouveaux foyers de tension, en piétinant notamment les droits des citoyens et les fondements de la République, peu soucieux d’embraser le pays, même à un moment où, comme maintenant, ce dernier est confronté à une crise sécuritaire et de gouvernance grave qui en menace l’unité, sinon l’existence », a pesté Raymond Tshibanda.
Le Raïs Joseph Kabila est visé pour les infractions liées aux « crimes de guerre, crimes contre l’humanité, à la haute trahison, ainsi qu’à sa participation à un mouvement insurrectionnel ».




















































