L’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange a dénoncé l’explosion de la dette publique sous son successeur, Félix Tshisekedi.
Dans son adresse à la Nation ce vendredi 09 octobre 2026, Joseph Kabila affirme avoir transmis en 2019 une économie débarrassée du fardeau de la dette héritée des régimes antérieurs.
« J’avais légué à mon successeur, un bien meilleur héritage que celui que j’avais moi-même reçu au moment de mon entrée en fonction à savoir : un pays réunifié largement pacifié dont le limite territorial correspondait exactement à celle qu’elle était au 30 juin 1960, une nation reconstituée, réconciliée et fière de sa diversité; un État doté d’une constitution progressiste et des institutions fonctionnant harmonieusement; une économie dynamique résiliante et débarrassée du fardeau de la dette héritée des régimes antérieures, du fait de multiples réformes structurelles engagées », a déclaré l’ancien Président de la République de 2001 à janvier 2019.
Faisant d’une pierre deux coups, l’autorité morale du Front Congo pour le Congo (FCC) a également fustigé des contrats léonins signés par le gouvernement congolais, l’émergence de la corruption et le détournement à outrance.
« Le rapport de cinq dernières années sur les indices mondiaux de gouvernance de la Banque mondiale fait en foi. La dette publique a explosé », a-t-il pesté accusant le régime Tshisekedi de bradage de minerais critiques de la République démocratique du Congo, au prix de l’indépendance nationale et de l’avenir des générations futures.
D’après la Direction générale de la dette publique, l’encours de la dette s’élevait en septembre à 18,5 milliards de dollars américains, répartis entre environ 11,46 milliards de dette extérieure et 7,09 milliards de dette intérieure.
Toutefois, le gouvernement soutient que cette dette reste inférieure à 20 % du PIB et que la RDC demeure classée pays à risque modéré de surendettement.
Lors d’un exercice de redevabilité consacré à l’« an du gouvernement Suminwa 2 » sur la radiotélévision congolaise (RTNC), le vice-premier ministre du Budget, Adolphe Muzito a révélé que la dette extérieure congolaise est adossée à une dynamique macroéconomique favorable.
Une dette de 11 milliards, mais un ratio maîtrisé au regard du PIB
Dans son intervention, Adolphe Muzito a expliqué que la charge d’endettement doit être appréciée non seulement par le niveau nominal de la dette, mais surtout par sa relation au Produit intérieur brut (PIB).
De son avis, le PIB de la RDC a atteint environ 135 milliards de dollars, plaçant la dette extérieure autour de 8 à 10% du PIB.
« La RDC de Félix Tshisekedi est sous endettée. Vraiment sous endetté. Nous ne sommes pas endettés. Ça paraît trop par rapport au niveau qui a été le nôtre quand nous étions Premier ministre. Nous avions obtenu l’annulation de la dette. En proportion relative, nous sommes moins endettés. La dette extérieure est de 11 milliards de dollars sur un PIB qui lui a augmenté substantiellement », a-t-il soutenu, affirmant que la RDC dispose d’une marge de manœuvre budgétaire pour mobiliser davantage de financement sans dépasser des seuils risqués.
500 millions de dollars par an de remboursement
S’agissant du service de la dette (c’est-à-dire l’ensemble des remboursements du principal et le paiement des intérêts), Adolphe Muzito a déclaré que la RDC consacre environ 500 millions de dollars par an pour régler ses obligations financières envers ses créanciers.
Il a également comparé cette annuité au budget public, estimant que cette charge reste « en dessous du seuil de 5% », un indicateur utilisé pour évaluer la capacité d’un État à honorer ses engagements sans compromettre ses dépenses prioritaires.
Le vice-premier ministre a défendu une approche consistant à mobiliser davantage de capitaux sur le marché financier, notamment via des instruments de dette internationale, afin de financer des investissements structurants.
Il a notamment évoqué la possibilité d’emprunter jusqu’à 100 milliards de dollars, tout en affirmant que le pays reste en dessous d’un ratio d’endettement autour de 48% du PIB après une telle mobilisation.

















































