Le vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, Modernisation de l’administration et l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau a réaffirmé, à la chambre haute du Parlement congolais, sa volonté de mettre un terme au phénomène des NU (Nouvelles Unités), ces fonctionnaires de l’État travaillant sans matricule officiel et non encore pris en charge ni rémunérés par le Trésor public.
Interpellé par un sénateur, Jean-Pierre Lihau a réaffirmé sa détermination d’appliquer « sans faille » la tolérance zéro à l’encontre de tout recrutement réalisé en violation des textes légaux et réglementaires en vigueur.
Dans ce cadre, il a rappelé qu’en décembre 2022, il avait rendu publique une circulaire interdisant formellement tout recrutement de Nouvelles Unités.
« Cette mesure a été suivie d’effets immédiats. Des sanctions exemplaires ont frappé les récalcitrants et plusieurs hauts cadres ont été révoqués de l’administration publique. Et cette série de sanctions sévères va, si l’échelle se poursuivre, s’en désemparer. Plus récemment, les secrétaires généraux ont signé, chacun à ce qui le concerne, un pacte de responsabilité dans lequel ils s’engagent à observer au sein de leurs administrations les principes fondamentaux de bonne gestion des ressources humaines », a-t-il précisé.
Régulariser les « héritages », au cas par cas
Tout en dénonçant les recrutements irréguliers, Jean-Pierre Lihau a toutefois souligné que le « grand enjeu » demeure la régularisation des NU constituées sous l’ancien système. Il a indiqué que cette opération se fait progressivement, au cas par cas et conformément à des « fermes instructions » de la hiérarchie afin d’éviter toute « manipulation de listes » par certains gestionnaires.
Le vice-premier ministre a également affirmé que la régularisation vise à traiter de manière méthodique les agents « prestataires réellement bien avant décembre 2022 », tout en assurant un mécanisme de contrôle destiné à prévenir les détournements.
« Le grand enjeu reste néanmoins la régularisation de nouvelles unités héritées de l’ancien système. Nous portons l’ambition, sur pied de fermes instructions reçues de la haute hiérarchie, de traiter cette question au cas par cas et de régulariser les nouvelles unités, prestant réellement bien avant décembre 2022. Nous le régularisons progressivement de façon méthodique et prudente afin d’éviter les manipulations de listes par certains gestionnaires de services », a affirmé le vice-premier ministre.
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Identifier et mesurer pour mieux gérer
Au-delà de la question des NU, le patron de la Fonction publique a mis en avant la nécessité de connaissance exacte des effectifs. « On ne peut pas gérer ce que l’on ne connaît pas, ce que l’on ne peut pas mesurer », a-t-il déclaré.
À cet effet, le gouvernement a mis en place le FRAP, un fichier de référence de l’administration publique comprenant une base de données biométrique des agents de carrière des services publics de l’État.
Jean-Pierre Lihau a avancé que, sur 1 425 086 agents déclarés au départ, 677 630 seulement ont été certifiés réguliers et identifiés physiquement à ce jour sur l’ensemble du territoire national.
Des annuaires désormais accessibles au public
Les informations des agents identités et photos sont désormais publiées. Selon le vice-premier ministre, les annuaires correspondants sont consultables par tout citoyen via le portail de la Fonction publique : www.fonctionpublic.gouv.cd. Il a indiqué que les citoyens peuvent, à partir de leur téléphone, vérifier la régularité de l’inscription d’un fonctionnaire, notamment en contrôlant son numéro de matricule.
Il a également affirmé que ces fichiers ont permis de mettre fin aux usurpations d’identité, de détecter les cumuls frauduleux et de rendre la gestion des ressources humaines plus transparente.
Le VPM de la Fonction publique a expliqué que la mise en œuvre du dispositif d’identification et de certification a nécessité des moyens mobilisés par le gouvernement, avec l’appui de partenaires financiers, notamment la Banque mondiale.
« Grâce aux ressources mobilisées par le gouvernement de la République, avec l’appui précieux de partenaires financiers, principalement la Banque mondiale, nous avons déployé des équipes dans toutes les provinces, dans tous les territoires de la République », a révélé le gestionnaire des ressources humaines de l’État.
Malgré les progrès, Jean-Pierre Lihau a reconnu qu’il reste des « retardataires » à rattraper dans certaines zones, citant notamment le Sankuru, le Nord et les Sud-Kivu, pour des raisons sécuritaires.
Face à la situation, le vice-premier ministre a conclu en annonçant l’envoi progressif de missions dans ces régions afin de ne laisser personne de côté.
« Nous envoyons progressivement dans ces zones de mission des rattrapages afin de ne laisser personne, mais alors personne, sur le carreau », a-t-il affirmé.

















































