À Kinshasa, la question de la ferraille et des carcasses de véhicules abandonnées n’est plus seulement un sujet d’assainissement urbain.
Dans le cadre de la politique gouvernementale visant à promouvoir le « Made in Congo », le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku a réaffirmé sa volonté de structurer la filière ferraille dans la capitale congolaise. À cet effet, il a inspecté l’unité de production d’acier de la société la Fabrique Métal Congo (FAMECO), une unité de pointe avec une capacité de production de 70 000 tonnes d’acier par an.
Le ministre inscrit cette visite dans l’engagement du gouvernement Suminwa pour le soutien à l’industrie locale, à un moment où l’État entend réduire la dépendance du pays à certains produits métallurgiques importés. Il relie cette perspective à des mesures prises pour restreindre l’importation de barres de fer et d’autres catégories d’acier, afin de stimuler l’offre nationale.
Sur le plan social, l’entreprise prévoit une augmentation de ses effectifs directs, passant d’environ 700 à 809 emplois. Elle annonce également avoir ouvert deux nouvelles unités industrielles dont l’une dans la périphérie de Kinshasa et l’autre en province du Kongo Central afin de répondre à la demande croissante, soutenue par la réputation de qualité de ses produits.
Saluant ce plan d’expansion, ce membre du gouvernement a vanté « un écosystème » en cours de structuration dans l’ouest de la RDC avec plus de 5 000 emplois indirects attendus, grâce à un réseau de revendeurs, ramasseurs et acheteurs de ferraille (mitrailles).
« Une preuve concrète que la protection de notre industrie crée de la valeur, du travail et de la dignité pour les Congolais », a déclaré Julien Paluku.
À l’issue de sa visite, le ministre du Commerce extérieur a recommandé à FAMECO de conclure un partenariat avec la Ville de Kinshasa en vue d’organiser une collecte systématique de la ferraille ainsi que des carcasses de véhicules abandonnées.
Ce partenariat vise à assainir durablement les espaces urbains et à intégrer les déchets métalliques dans un circuit d’approvisionnement plus structuré, au bénéfice des collecteurs locaux.
Au-delà de l’économie circulaire, le ministre insiste sur la règle du « Consommer Local ». Les entreprises adjudicataires de marchés publics ainsi que les ONG opérant sur le territoire, ont été encouragés à s’approvisionner localement.
Dans cette logique, toute importation d’acier devra être justifiée par l’incapacité technique de la production locale à fournir le type d’acier demandé.
Les produits de FAMECO sont certifiés aux normes ISO et contrôlés par l’Office Congolais de Contrôle (OCC) pour garantir la qualité du marché intérieur, loin de toute contrainte politique.
« Sous d’autres cieux, la souveraineté économique est non négociable. La RDC s’est définitivement engagée sur cette même voie », a conclu le ministre du Commerce extérieur.















































