Le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso a battu en brèche les allégations selon lesquelles l’appréciation du franc congolais aurait eu un impact défavorable sur la mobilisation des recettes de l’État.
Invité du Space sur X, l’autorité de la politique monétaire a qualifié cette lecture « d’erronée » et a rappelé que, du point de vue des finances publiques, le cadre budgétaire relève d’abord de décisions institutionnelles.
Selon lui, le Parlement fixe le niveau de recettes qui doit permettre au gouvernement de couvrir les besoins de la République.
« Je m’inscris en faux par rapport à cette interprétation des choses. Premièrement, quand on parle des recettes, il faut comprendre que l’autorité budgétaire, c’est le Parlement. Le Parlement vote un niveau de recettes destiné à permettre au gouvernement de faire face aux besoins de l’État. En consultant les assignations budgétaires pour l’année 2025, l’appréciation de la monnaie n’a pas eu d’impact au sens où les recettes budgétaires n’ont pas manqué à la fin de l’année », a déclaré André Wameso.
Il faut une analyse globale du budget : recettes et dépenses!
Pour étayer son argument, le gouverneur explique que l’évaluation des effets d’un changement de taux de change doit se faire de manière systémique, en considérant à la fois les recettes et les dépenses, une partie importante de ces dernières étant engagée en devises.
« Il faut analyser l’impact au niveau du budget dans sa globalité : regarder les recettes, mais aussi les dépenses. La Banque centrale a réalisé cet exercice. On compare la baisse relative des recettes à l’effet compensateur observé du côté des économies sur les dépenses », a-t-il expliqué.
Pour illustrer sa réflexion, André Wameso avance qu’en raison des besoins sécuritaires liés au contexte de guerre dans l’Est du pays, l’achat des équipements militaires en dollars a été inscrit dans le budget en franc congolais, mais l’appréciation du taux de change a permis un coût plus faible en monnaie locale, générant ainsi une économie budgétaire.
« Si nous devions acheter des armes pour notre armée pour l’équivalent de 1 million de dollars dans le budget de l’Etat, c’était inscrit à 2852 millions de francs congolais et ces mêmes armes achetaient pour permettre de sécuriser de défendre notre patrie avec l’appréciation du CDF, nous l’achétions à 2 250 millions CDF. C’est une économie et quand on regarde les deux jambes du budget, les économies réalisées en matière de dépenses sont de loin supérieures à la baisse relative des recettes. Quand on fait une analyse du budget, il faut être complet, holistique. Il ne suffit pas de regarder une seule composante : il faut apprécier l’effet global de l’appréciation du franc congolais sur l’ensemble du budget », a ajouté André Wameso.
Des régies financières au-delà des assignations
L’ancien Directeur de cabinet adjoint chargé des questions économiques et financières affirme également que les régies financières ont dépassé leurs objectifs d’assignation à fin juin 2026, malgré l’évolution du taux de change.
« Pour l’exercice 2025 et 2026, on constate qu’il y a eu appréciation du franc congolais et, à fin juin 2026, les assignations budgétaires ont été dépassées de 1 %. Les recettes se sont situées à 101 % au-dessus des assignations budgétaires. On peut donc conclure qu’il n’y a pas eu d’impact négatif sur le budget de l’État lié à l’appréciation de la monnaie », a-t-il martelé.
André Wameso rappelle aussi que, lors de la présentation de la loi de reddition des comptes devant l’Assemblée nationale et le Sénat, le ministre des Finances, Doudou Fwamba a indiqué que les assignations de recettes avaient été réalisées.
« Les chiffres du ministère des Finances sont officiels et consultables. On verra qu’il n’y a pas eu de baisse des recettes budgétaires et, en 2026, les assignations budgétaires sont effectivement respectées malgré l’appréciation du franc congolais », a-t-il insisté.
Le gouverneur précise que, lorsqu’on parle de baisse liée aux recettes, il s’agit souvent d’un mécanisme comptable qui ne traduit pas une sous-performance du niveau de recettes attendu par l’autorité budgétaire.
« En termes économiques, quand on parle de baisse de recettes en parlant de l’appréciation du franc congolais, cela veut dire qu’il y avait une partie des recettes qui étaient financées par un impôt induit par la dépréciation. C’est-à-dire que ce coût était supporté par les congolaises et les congolais qui sont payés en franc congolais et avec l’appréciation du franc congolais c’est une partie de ces recettes qui est retournée au fait dans le portefeuille des congolaises et des congolais sans pour autant affecter le niveau de recettes qui était attendu par l’autorité budgétaire c’est ça la réalité. Le budget n’a pas été revu à la baisse à cause de l’appréciation du franc congolais », a conclu le gouverneur.
S’appuyant sur le collectif budgétaire, le gouverneur soutient que plusieurs facteurs expliquent les ajustements budgétaires, notamment les dépenses de souveraineté.
« D’autres facteurs ont été expliqués par le ministre du Budget et des Finances pour justifier la correction. Ce n’était nullement lié à l’appréciation du franc congolais », a-t-il martelé.











































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