Les bourgmestres des vingt-quatre communes de la ville de Kinshasa ont sollicité l’implication du vice-premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, en vue de la régularisation administrative et financière de leur situation salariale.
Lors d’une séance de travail avec le directeur de cabinet du vice-premier ministre, Blanchard Mongomba, les autorités municipales ont indiqué qu’en dépit de leur nomination par ordonnance présidentielle du 25 novembre 2022, aucune rémunération n’a été versée depuis lors.
« Il s’agit d’abord des conditions sociales. Depuis notre nomination jusqu’à ce jour, nous ne percevons ni salaire ni prime. C’est pourquoi nous sommes venus auprès de l’autorité compétente afin que ce problème soit porté au niveau du Gouvernement et que des solutions appropriées soient trouvées », a déclaré Bienvenue Mbalibi, coordonnateur adjoint et porte-parole du collectif des bourgmestres de Kinshasa.
Selon les autorités municipales, cette situation pèse sur l’efficacité des actions menées sur le terrain, notamment en matière d’assainissement de la ville.
« Nous avons été nommés par le Chef de l’État et nous avons l’obligation de l’accompagner dans la mise en œuvre de sa vision. Le Chef a parlé, nous avons suivi ses instructions et nous devons chercher des solutions. Or, la recherche de solutions nécessite des moyens. L’assainissement est un secteur qui demande énormément de ressources. C’est pourquoi nous sommes venus auprès du ministre du Budget afin que les entités territoriales décentralisées soient dotées des moyens nécessaires pour relever ces défis », a-t-il expliqué.
Le porte-parole du collectif a été appuyé par son collègue de Limete, Isaac Mukendi. Pour le bourgmestre adjoint de cette commune, la solution passe notamment par une révision du mécanisme de perception des taxes locales, dont le cadre actuel limite les capacités d’action des municipalités.
« Lorsque nous rendons ce service public d’assainissement, il devrait en principe exister une taxe affectée à cette mission. Or, selon l’ordonnance-loi n°18/004, cette taxe ne revient pas aux communes. Cela nous prive des moyens nécessaires pour agir efficacement », a-t-il indiqué.
Le collectif plaide pour un financement plus direct des communes, sans intermédiaires, estimant que les municipalités disposent des ressources humaines nécessaires pour assurer efficacement cette mission, à condition de bénéficier d’une prise en charge financière adéquate.
Toutefois, les bourgmestres ont réaffirmé leur volonté d’agir conformément aux orientations du Chef de l’État.

















































