Le président de la République, Félix Tshisekedi a réaffirmé sa volonté de faire de l’agriculture un pilier de la transformation économique de la République démocratique du Congo.
Intervenant en marge de la 13e conférence des gouverneurs organisée à Bandundu sous le thème « Transformation du secteur agricole, halieutique et pastoral, développement rural et connexion aux marchés urbains », le Chef de l’Etat a dépeint un tableau sombre de la situation du pays.
« Notre pays dispose de terres immenses, d’un potentiel halieutique considérable, d’une richesse hydrique exceptionnelle et d’une jeunesse capable de porter une véritable renaissance productive », a déclaré le chef de l’État.
Cependant, « malgré ces atouts, une part importante de la population demeure exposée à l’insécurité alimentaire », a‑t‑il ajouté, pointant les effets conjugués des conflits, des déplacements de population, des aléas climatiques et des fragilités économiques.
Pour inverser la tendance, Félix Tshisekedi a rappelé sa vision de « la revanche du sol sur le sous‑sol » qui privilégie la production, la transformation et la création de valeur ajoutée locale plutôt que la seule exploitation minière.
« La transformation durable de la RDC passera aussi par la revanche du sol sur le sous‑sol. Ce choix n’est ni rhétorique ni circonstanciel », a‑t‑il martelé.
Le président a toutefois reconnu que la mise en œuvre de cette vision bute sur des défis techniques et financiers, des faiblesses de gouvernance, des. blocages institutionnels et rivalités de pouvoir. Il a notamment dénoncé une mauvaise articulation entre les différents niveaux de décision et une compréhension parfois imparfaite de la décentralisation dans le cadre d’un État unitaire.
« Aucune politique agricole sérieuse ne peut prospérer dans un environnement marqué par des crises répétées entre gouvernements provinciaux et assemblées provinciales. Aucun investisseur, aucun partenaire, aucune communauté productive ne peut se projeter sereinement là où l’incertitude politique devient la règle, là où les conflits institutionnels paralysent l’action publique et là où les priorités varient au gré des calculs de circonstance », a-t-il averti.
Félix Tshisekedi a appelé les gouverneurs et les présidents d’assemblées provinciales à faire preuve de responsabilité.
« Aucun développement rural durable ne peut naître dans un climat dominé par l’affrontement permanent, l’instabilité des équipes, la confusion des responsabilités ou la politisation excessive des mécanismes de contrôle », a-t-il interpellé.
Dans ce contexte, il a reconnu la légitimité du contrôle parlementaire provincial « nécessaire, sain dans une démocratie » mais a mis en garde contre son détournement en outil de chantage politique ou d’instabilité chronique.
« Il ne peut être détourné de sa finalité pour servir des intérêts particuliers, des agendas personnels ou des équilibres précaires sans rapport avec l’intérêt général », a averti le Chef de l’Etat.
À l’inverse, Félix Tshisekedi a condamné l’exercice de l’autorité provinciale « dans l’opacité, dans le mépris des textes et dans l’affaiblissement délibéré des mécanismes de redevabilité ».
« Ce dont nos provinces ont besoin, ce ne sont ni d’institutions paralysées ni d’institutions rivales, mais d’institutions qui se respectent, coopèrent et se contrôlent mutuellement dans le cadre de la loi, en gardant en toutes circonstances le souci supérieur des populations », a‑t‑il conclu.















































