Le Vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau a présenté, lors de la publication l’édition 2025 de « La fonction publique en chiffres », un ensemble de données visant à illustrer l’évolution de la gestion des ressources humaines de l’État et de la rémunération des agents publics.
Dans son intervention, le VPM Lihau a présenté une tendance à la baisse de la part de l’emploi public dans l’emploi formel, fruit de l’assainissement des fichiers et la discipline renforcée dans les recrutements à travers un processus de maîtrise progressive de ses effectifs.
« Nous sommes passés d’environ 75 % en 2012 à près de 36 % aujourd’hui. Ces chiffres, à lui seul, méritent réflexion. Il signifie d’abord une chose essentielle. L’État congolais a engagé un processus réel de maîtrise de ses effectifs. Cela s’est traduit par l’assainissement progressif des fichiers, l’élimination des agents fictifs, une meilleure discipline dans les recrutements. Un nouveau cadre juridique a vu le jour. Vous l’avez certainement vu au Parlement, surtout avec l’avènement du principe de vacances de poste préalable, avant tout recrutement poste organique budgétairement prévu », a déclaré Jean-Pierre Lihau.
« Donc, plus question d’affecter des fonctionnaires non régulièrement recrutés et qui ne seront pas préalablement admis sous statut. Et un encadrement plus rigoureux de la masse salariale en même temps. Il traduit également un autre progrès majeur, la fluidification des départs à la retraite, longtemps considérée comme un point de blocage structurel pour le dégraissement de notre administration », a-t-il ajouté.
Le Vice-premier ministre a également évoqué des réformes encadrant davantage les recrutements, ainsi que la fluidification des départs à la retraite, un levier pour réduire les déséquilibres de l’administration.
« Lorsque nous sommes arrivés, on a trouvé que de 2011 à 2020, la Banque mondiale, qui avait accompagné notre pays à travers le projet Fichier de référence de l’Administration publique (FRAP) notamment, pour la mise à la retraite et le rajeunissement que seuls 923 agents avaient été mis à la retraite, après 9 ans de processus. Mais depuis notre arrivée, après 5 ans d’exercice, ce sont plus ou moins 17.200 agents qui ont été retraités. Et 1.200 le seront la semaine prochaine, 3.000 le mois prochain », a affirmé le patron de la Fonction publique.
Sur la question salariale, Jean-Pierre Lihau a présenté une évolution de la rémunération moyenne pour une catégorie d’agents du régime général : de 147 050 francs congolais en 2019 à 448 684 francs congolais en 2025 soit une augmentation d’environ “trois fois.
Le ministre a précisé que la comparaison porte sur la rémunération et non sur le seul salaire de base, la rémunération étant composée de plusieurs éléments (traitements et primes).
Il a, par ailleurs, mis en avant l’existence de disparités, soutenant que les agents travaillant “dans le Congo profond” et dans certaines provinces ont, dans l’ensemble, un accès moindre aux primes que ceux basés à Kinshasa.
« Aussi, la fonction publique en chiffres démontre que la rémunération moyenne mensuelle d’un agent public congolais a connu des avancées spectaculaires. On s’en rend compte très rapidement lorsque, loin des supputations et des débats divers, l’on regarde froidement ce qui révèle les chiffres renseignés sur la figure 17, vérifiés dans le document. Entre 2019 et 2025, la moyenne de rémunération des agents des carrières des services publics de l’État du régime général, par exemple, est passée de 147 050 en 2019 à 448 684 francs congolais en 2025, soit une augmentation de près de trois fois. Je parle bien de la moyenne entre l’administration, de la moyenne entre Kinshasa et les provinces, donc des agents prestant à Kinshasa et les provinces. Parce que des fonctionnaires qui sont ici, beaucoup peuvent s’interroger en disant « tiens, il parle d’une moyenne de 448 alors que moi je gagne 3 millions de francs, donc moi je suis nettement supérieur, alors que moi je gagne 2 millions, alors que moi je gagne 1 500 000, alors que moi je gagne 4 millions, alors que moi je gagne 5 millions » et ainsi de suite. Ça veut dire que nous prenons une moyenne et je voudrais ici insister pour dire, nous ne parlons pas du salaire de base, nous parlons de la rémunération et la rémunération est constituée dans notre système à la fois du salaire de base, le traitement de base et de la prime. Et pourquoi cette moyenne n’est pas supérieure à ce que l’on pouvait imaginer ? Parce qu’en somme on pouvait aussi prendre 1 500 000 au lieu de 448 000, parce que la plupart des fonctionnaires qui sont à Kinshasa, pas tous, la majorité, disposent à la fois de leur salaire de base et de leur prime. Et vous avez un fonctionnaire qui a 280 300 francs au titre de salaire de base, plus 1 million, plus 1 500 000, plus 2 millions, plus 3 millions, plus 4 millions de primes. C’est ça la vérité. C’est le gestionnaire des ressources humaines et l’État qui vous parle », a expliqué le vice-premier ministre de la Fonction publique.
« Voilà pourquoi au lieu de prendre une moyenne supérieure, nous avons préféré prendre une moyenne inférieure. Pourquoi ? Parce que les agents qui souffrent le plus, les agents qui souffrent le plus, se retrouvent majoritairement dans le Congo profond, se retrouvent majoritairement en province, parce que eux sont dépourvus pour la plupart des cas de prime par rapport à ceux de Kinshasa. Et il faut ici noter que je parle bien de la moyenne, et j’insiste là-dessus, et nous sommes en train de lutter, de mettre en place un dispositif nouveau pouvant nous permettre de lutter contre ces disparités », a-t-il renchéri.
Dans ce cadre, il a annoncé la mise en place des mécanismes afin de réduire les écarts.
Jean-Pierre Lihau a également évoqué une “nouvelle politique salariale” destinée à lutter contre ce qu’il décrit comme des écarts salariaux devenus inacceptables notamment entre Kinshasa et les provinces, et entre administrations.
Selon lui, l’état but est de garantir un paiement plus équitable, tout en tenant compte des catégories concernées.
« Ce dispositif, c’est la nouvelle politique salariale, la nouvelle politique salariale voulue par les présidents de la République pour lutter contre les disparités et les écarts salariaux qui sont devenus inacceptables entre agents, entre administrations et entre surtout Kinshasa et les provinces. Il faut mettre fin à ces injustices sociales. On ne peut pas avoir dans le même système des fonctionnaires qui vous touchent 8 millions de francs, 10 millions de francs, 6 millions de francs, 5 millions, 3 millions et d’autres dans le même système, parfois dans le même administration, qui touchent moins de 500 000 francs congolais. C’est ce qu’il faut combattre, corriger le système pour que chaque administration, chaque agent puisse mériter son salaire et puisse être payé dans les conditions égales par rapport à celles et ceux qui prestent au niveau des administrations centrales. La moyenne de la rémunération des militaires, par exemple, policiers et services de sécurité est passée de 144 000 à 511 000. J’ai parlé de la moyenne. Cette catégorie, c’est une catégorie qui a longtemps souffert des injustices, pour dire les choses comme elles sont. Voilà pourquoi le chef de l’État nous a instruit de tout faire pour que, systématiquement, automatiquement, cette catégorie soit prise en compte lors des discussions syndicales relatives à l’amélioration des conditions socio-professionnelles des agents publics », a martelé Jean-Pierre Lihau.
D’après les données de la Fonction publique en chiffres, des progressions sont aussi observées dans plusieurs secteurs. Le VPM a notamment mentionné l’évolution des rémunérations moyennes pour les militaires, policiers et services de sécurité; la justice et la magistrature; les enseignants de l’éducation nationale ainsi que le personnel diplomatique.
« Je parle des militaires et des policiers qui doivent être pris en compte, qui doivent être pris en compte lors des discussions syndicales entre gouvernements et différents bancs syndicaux. Mais je viens de dire, c’est un processus, je parle de la période de 2019-2010. Et lorsque nous avons augmenté les salaires des fonctionnaires, notamment les salaires des bases, en 2021-2023, eh bien les militaires et les fonctionnaires et les policiers étaient aussi également pris en compte. Avant le dernier geste du doublement qui a été fait, il y avait déjà un processus d’amélioration.C’est pour ça que je vous donne les chiffres. Moi, je ne veux pas parler, je voudrais que ce soit les chiffres qui parlent. On parle de 144 000, on est parti de 144 000 en 2019. Et aujourd’hui, nous en sommes, on parle de la moyenne, 511 000, soit une multiplication, comme l’a dit le président de la République, de plus ou moins 4, donc une multiplication par 4 pour la période considérée, pour la période considérée. Pour le secteur de la justice et de la magistrature, cette moyenne est passée de 653 000 en 2019, 653 000 à 2,6 millions, 2,6 millions en 2025, soit une multiplication là aussi par 4. Pour les enseignants de l’éducation nationale, on est passé de 6 500 à 309 000, plus le dernier 100 000. Et là, je donne ici, j’insiste, la moyenne, c’est-à-dire la moyenne dans la catégorie des enseignants. Il y en a qui sont un tout petit peu en dessous, il y en a qui sont un tout petit peu en haut. Et pour la même période, la situation du personnel diplomatique a également doublé, passant de 4 900 000 à 8 400 000 francs congolais, pour la même période donc. Ces données confirment sans embâge la portée de l’affirmation faite par le Président de la République, chef de l’État, lors de la dernière conférence de presse du 6 mai dernier. En effet, de manière générale, la moyenne de rémunération des agents publics, toutes catégories confondues, est passée, la moyenne, de 125 000 en 2016 à 516 000 Francs en 2025, soit une multiplication par 4,1 % », a conclu Jean-Pierre Lihau.
La fonction publique en chiffres se veut un outil de pilotage et de redévabilité destiné à nourrir un débat public fondé sur des faits, à servir non seulement l’État, mais aussi l’ensemble des acteurs concernés : partenaires techniques et financiers, milieux académiques et chercheurs, ainsi que les médias.



















































