Le gouvernement congolais envisage une amélioration progressive des rémunérations dans la fonction publique, avec pour ambition de réduire les disparités salariales et de renforcer le pouvoir d’achat des agents de l’État dans le secteur public.
Lors du panel consacré à la soutenabilité financière de la gratuité de l’enseignement primaire public et à son extension progressive au secondaire, organisé dans le cadre du Segment politique de haut niveau sur le Pacte de partenariat avec le GPE, l’achèvement de la SSEF 2016-2025 et l’ouverture d’un nouveau cycle de planification à travers la Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation (SSIEF 2026-2030), le vice-premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito a réaffirmé l’ambition du Président de la République de porter le salaire minimum à 500 dollars américains.
« Sur instruction du Président de la République et sous la conduite de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, nous allons réduire l’écart entre les hauts et les bas salaires. Plutôt que de diminuer les rémunérations élevées, nous allons les plafonner et concentrer les augmentations sur les agents les moins payés, afin d’atteindre un salaire minimum compris entre 500 et 1000 USD dans le secteur public », a déclaré le vice-premier ministre du Budget.
En République démocratique du Congo, malgré 30% d’augmentation des salaires des fonctionnaires annoncé, l’écart de rémunération entre notamment les enseignants, militaires et les membres du gouvernement et autres institutions publiques est décrié.
Lors de la troisième réunion du Conseil des ministres du gouvernement Suminwa qu’il avait présidée en juin 2024, Félix Tshisekedi avait demandé aux ministres de la Fonction publique, des Finances, du Budget et de l’Économie nationale d’engager des travaux devant aboutir à la mise sur pied dans un délai raisonnable, d’une nouvelle politique salariale plus « juste, équitable, rationnelle et soutenable » de tous les agents de l’État.
Le Chef de l’État fustigeait le fait que l’actuelle politique salariale « déstructurée depuis des décennies », impacte négativement sur la bonne gestion des ressources humaines de l’État et fragilise la cohésion sociale.
En effet, abordant l’épineuse question relative à la rémunération des agents et fonctionnaires de l’Etat, le Président de République avait fait part des « inégalités » salariales dans les administrations publiques.
Selon lui, ces « graves disparités » ont entraîné « beaucoup d’injustice » et sont à la base de « grandes frustrations sociales ».
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Une politique salariale juste au-delà des clivages politiques
Consécutivement à l’instruction du Président Tshisekedi, le patron de la Fonction publique a annoncé en août 2024, que la commission est à pied d’œuvre et espère qu’avant l’exécution de ce budget 2025, ladite politique sera mise en pratique de sorte que toutes les grilles barémiques soient désormais harmonisées.
« C’est question d’avoir des nouvelles bases juridiques, des nouvelles pratiques qui feront réduire des inégalités et des disparités afin que le ministre de tutelle ne soit pas le seul interface, de sorte que chaque fonctionnaire de l’État se sente à l’aise avec son salaire de base partout en RDC malgré que les primes ne seront jamais égales », déclarait Jean-Pierre Lihau Ebua, vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique.
En mars 2026, le vice-premier ministre de la Fonction publique a annoncé que l’application de la nouvelle politique salariale débutera en 2027, l’élaboration de cette politique, souhaitée par le président Tshisekedi, étant désormais achevée.
Toutefois, il a précisé que le processus de mise en œuvre effective a été initié, notamment à travers des discussions avec les différents syndicats afin d’assurer une bonne appropriation de cette réforme.
Cette énième annonce d’augmentation des salaires intervient dans un contexte où le gouvernement peine à appliquer le nouveau SMIG.
















































