Le président de la République, Félix Tshisekedi, a ordonné le lancement, dans un délai de 30 jours, d’un audit exhaustif et nominatif. Celui-ci devra, d’une part, évaluer le respect des obligations de rapatriement des recettes d’exportation et, d’autre part, produire un rapport sur la gouvernance des « joint ventures » ainsi que sur la gestion des actifs miniers de l’État.
Selon le chef de l’État, cette décision intervient après le constat d’une faiblesse de la chaîne de captation des revenus issus des exportations, « jusqu’à l’encaissement public », alors que la production, elle, enregistre des niveaux élevés.
Pour étayer ses propos, Félix Tshisekedi a rappelé qu’en 2024, la RDC a atteint des niveaux historiques avec 3 100 234 tonnes de cuivre et environ 220 000 tonnes de cobalt exportées. En 2025, l’exportation a, selon lui, poursuivi sa progression pour atteindre 3 403 006 tonnes de cuivre, grâce au renforcement de la gouvernance du secteur extractif.
Fermement déterminé à veiller à ce que les performances du secteur minier se traduisent concrètement par davantage de ressources pour les finances publiques et par la consolidation des réserves de change, le président a insisté sur la nécessité d’organiser une captation maximale des revenus miniers.
Il a, à cet effet, appelé à un contrôle systématique des actifs miniers de l’État et à la clarification de la représentation effective de l’État au sein des joint ventures.
« L’opacité qui prévaut freine la mobilisation maximale des recettes et compromet notre souveraineté sur nos ressources naturelles », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, le Président Tshisekedi a mis en évidence le problème du non-rapatriement d’une partie des devises, liées aux activités minières, ainsi que la circulation de capitaux via une importation frauduleuse, qu’il a qualifiée de « vulnérabilité majeure »
« La réponse de l’État doit être ferme, réaliste, traçable et techniquement applicable », a-t-il martelé.
Sur instruction du chef de l’État, les vice-premiers ministres en charge des Transports et de l’Économie, ainsi que les ministres des Finances, du Commerce extérieur, des Mines, du Portefeuille, l’Inspection Générale des Finances, la Gécamines, avec l’appui de son cabinet, sont appelés à mettre en œuvre plusieurs orientations :
- Lancer, sous 30 jours, l’audit exhaustif et nominatif portant sur le respect des obligations de rapatriement des recettes d’exportation, et sur la gouvernance des joint ventures et des actifs miniers de l’État.
Conformément aux instructions du Conseil des ministres des 19 novembre 2021 et 30 mai 2025, cet audit devra identifier les manquements, évaluer les recettes non perçues et proposer des mesures de redressement.
- Parachever l’interconnexion obligatoire entre toutes les administrations et services impliqués dans la chaîne minière, notamment l’OGEFREM, l’OCC, la DGDA, la Banque centrale du Congo et les banques commerciales concernées.
Pour Félix Tshisekedi, « aucune opération d’exportation ou d’importation ne devra désormais échapper à une chaîne intégrée de traçabilité permettant de suivre un même flux depuis les bordereaux logistiques jusqu’au paiement des droits, au rapatriement des devises et à l’encaissement effectif des recettes publiques ».
Les résultats des premières réflexions sur ces sujets devront être présentés au plus tard le 15 juin prochain.













































