Le vice-premier ministre, ministre de la Fonction publique, Modernisation de l’administration et Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau, a été interpellé à l’Assemblée nationale pour s’expliquer sur la situation jugée préoccupante touchant plusieurs centaines d’agents et fonctionnaires de l’État.
Lors de la plénière de ce mardi 28 avril, le député national Nyenemo Sanguma a indiqué que plus de 400.000 agents, disposant de numéros matricules régulièrement attribués par la Fonction publique, demeurent non payés.
Selon l’élu, cette situation serait liée à l’existence d’un réseau mafieux au sein de l’administration publique, qui étrangle notamment les agents de santé enseignants et autres catégories de travailleurs de l’État.
« J’ai en ma possession l’annuaire de 15.298 fonctionnaires de l’État de la province du Sud-Ubangi disposant de numéros matricules, mais que l’État ne paie pas. Cette liste m’a été transmise par la division provinciale de la Fonction publique de Gemena. Je peux également vous informer que je détiens la liste de 12.455 fonctionnaires de l’État, matriculés mais non payés, cette fois dans la province du Nord-Ubangi », a déclaré Nyenemo Sanguma.
Le député a, par ailleurs, dénoncé les manœuvres dilatoires du Bureau de la Chambre basse. Il accuse celui-ci de protéger le ministre de la Fonction publique en bloquant l’examen de sa question orale avec débat adressée à Jean-Pierre Lihau.
D’après lui, sa question, officiellement réceptionnée depuis le 29 novembre 2024, n’aurait toujours pas été inscrite à l’ordre du jour de la plénière, malgré une confirmation de sa recevabilité.
« En Équateur, ils sont à 11.155. En date du 29 novembre 2024, j’ai déposé une question orale avec débat adressée au vice-premier ministre de la Fonction publique pour se justifier devant les élus du peuple. Je regrette que depuis plus de quinze mois, cette question, pourtant réceptionnée ne soit pas alignée en plénière, bien qu’un membre m’ait confirmé que la question est recevable. Honorable président, le ministre lui-même a déclaré : “il y a un système mafieux qui existe au ministère de la Fonction publique”. Je lui donne raison car ce réseau étrangle plus de 400.000 fonctionnaires de l’État qui, comme je l’ai souligné, ont leurs numéros matricules mais que l’État est incapable de payer. Jean-Pierre Lihau doit s’expliquer devant le peuple », a insisté l’élu de Gemena.
De son côté, le camp du vice-premier ministre Jean-Pierre Lihau a expliqué qu’en 2018, plus de 800.000 personnes auraient obtenu frauduleusement des numéros matricules, notamment dans le contexte de campagnes électorales.
Selon une source proche, à l’arrivée du VPM Lihau, le fichier comptait ainsi 1,4 million d’agents identifiés. Après évaluation, plus de 500.000 dossiers auraient été jugés irréguliers, tandis que 180.000 agents auraient été « mécanisés ».
« Pour mémoire, l’administration publique distingue deux étapes dans l’engagement : l’identification, qui attribue un numéro matricule, et la mécanisation, qui intègre l’agent identifié sur la liste de paie », a-t-elle expliqué.
La même source indique que le VPM avait sollicité l’année dernière une audition au Parlement afin d’éclairer les élus et l’opinion sur les réformes engagées.
« Les réformes menées par le VPM Lihau bousculent un système poreux installé depuis des années, qui fragilisait l’administration au profit de réseaux monnayant les numéros matricules », affirme ce proche.
Dans cette perspective, la source précise que le processus de recrutement exige désormais une étude plus minutieuse, fondée sur un système plus inclusif et la méritocratie, alors que le Trésor public fait face à une masse salariale déjà importante.
« De nombreux numéros matricules ont été obtenus frauduleusement et leurs détenteurs ne peuvent faire pression sur l’État. Assainir l’administration est une condition sine qua non pour enclencher une dynamique de développement. La lutte contre la fraude demeure le cheval de bataille du VPM Lihau », conclut la source.















































