Le gouvernement congolais a adopté vendredi dernier, un projet de décret portant détermination des principes directeurs du barème catégoriel dans les entreprises et établissements de toute nature en République Démocratique du Congo.
Soumis par le ministre de l’Emploi et Travail, Ferdinand Massamba Wa Massamba et examiné par le Conseil des ministres, ce texte règlementaire entend définir les principes directeurs de la tension salariale dans les entreprises afin d’assurer une application efficiente du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) actualisé en tenant compte des réalités économiques des différents secteurs.
Parallèlement, le projet réglementaire vise le maintien de la paix sociale pour garantir un niveau de vie décent aux travailleurs par le renforcement de leur pouvoir d’achat et de préserver la viabilité des entreprises et établissements de toute nature.
La République démocratique du Congo est parmi les pays détenant un taux du SMIG faible. Depuis 2018, le SMIG était fixé à 7075 francs congolais avec d’être récemment réajusté à 14500 FC soit l’équivalent en dollars américains, en janvier 2025.
Dans ce contexte, le président Félix Tshisekedi avait demandé au gouvernement d’adapter le prochain taux du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) aux réalités du marché pour renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs.
Convaincu que l’emploi demeure le socle prioritaire de son mandat, le Président Tshisekedi estimait, en effet, qu’il constitue la clé de voûte de la paix sociale, le moteur du développement, le garant d’une justice intergénérationnelle véritable.
Dans son décret signé le 30 mai 2025, la Première ministre Judith Suminwa avait annoncé un réajustement prévu à 21 500 francs congolais dès janvier 2026.
Ce décret, qui fixe le salaire minimum interprofessionnel garanti, ainsi que des allocations familiales et des conditions de logement, est considéré comme une avancée majeure pour les travailleurs congolais. Cependant, l’entrée en vigueur du deuxième palier du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) en RDC génère des frictions sociales.
Selon la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le premier palier a déjà provoqué un quasi-doublement de la masse salariale dans plusieurs secteurs.
Un cadre intermédiaire précédemment rémunéré à environ 70 500 FC par jour percevrait désormais près de 145 000 FC, soit environ 1 800 dollars par mois hors avantages — un niveau susceptible de dépasser 2 000 dollars avec les indemnités. Si le deuxième palier est pleinement appliqué, cette même catégorie pourrait atteindre plus de 2 500 dollars mensuels.
L’organisation patronale juge ce niveau « insoutenable pour l’économie congolaise » et met en garde contre les effets d’une application uniforme du SMIG à tous les secteurs d’activité. Elle estime qu’une telle mesure reviendrait à « condamner l’agriculture et la foresterie, déjà sinistrées », et plaide pour une mise en œuvre progressive et différenciée, incluant la création d’un salaire minimum agricole (SMAG) distinct.



















































