Alors que l’homélie de Noël de Monseigneur Fulgence Muteba, archevêque métropolitain de Lubumbashi, a accentué la polémique autour du partenariat « stratégique » paraphé à Washington entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique, en date du 4 décembre 2025, deux membres du gouvernement se sont présentés à la presse pour tenter de dissiper les malentendus et de rassurer l’opinion.
Le prélat catholique, également président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a révélé que cet accord entérine la cession des ressources naturelles congolaises, notamment des minerais stratégiques, aux États-Unis pour 99 ans d’exploitation.
Ces accords, a-t-il indiqué, sont d’une fausse amitié, d’une coopération déséquilibrée et d’une convoitise immodérée des ressources naturelles du Congo.
« Il y a, comme pour ainsi dire, un déséquilibre géostratégique. Il s’agit en réalité d’une nouvelle forme de colonialisme, ou plus précisément, de colonialisme économique. Horrifié par cette idéologie qui sous-tend ces accords déséquilibrés, dont souffrent non seulement la RDC, mais aussi beaucoup de pays africains, d’Amérique du Sud et d’une partie de l’Asie », avait dénoncé l’archevêque de Lubumbashi.
Pour remettre les pendules à l’heure, le vice-premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko, l’un des représentants du gouvernement congolais lors de la signature de cet accord, a affirmé que l’Accord de partenariat stratégique avec Washington n’est ni un « contrat », ni un « accord commercial, et moins encore un document visant à brader les minerais ».
« Le texte qui a été signé n’est pas un deal ou un contrat. Il établit le cadre d’une coopération renforcée dans les domaines économique et commercial, entre autres. Il s’agit d’un cadre légal de collaboration entre deux États souverains », a déclaré le ministre de l’Économie.
Il a indiqué que deux documents ont été signés par les deux pays. Le premier concerne l’accord de partenariat stratégique, signé par le secrétaire d’État Rubio et le vice-premier ministre de l’Économie du côté congolais.
Le deuxième document porte sur un mémorandum d’entente relatif aux questions de sécurité, signé par le secrétaire d’État Rubio du côté américain et par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, du côté congolais.
« Le partenariat stratégique signifie que deux États partagent une vision commune. L’Accord de Washington est un document technique qui établit le cadre général dans lequel les deux pays collaboreront dans divers domaines : économie, gouvernance, éducation, sciences et technologies », a-t-il martelé.
De plus, le professeur Mukoko a soutenu que cet accord renforce les coopérations diplomatiques de longue date entre les deux pays.
« Nous avions un texte datant d’août 1984, qui définissait le cadre d’encouragement et de protection des investissements entre nos deux nations. Ce que nous avons fait le 4 décembre, c’est passer d’un niveau de relations de coopération bilatérale à celui d’un partenariat stratégique », a-t-il ajouté, soulignant que la RDC a rejoint le club restreint des pays africains auxquels le gouvernement américain a accordé le statut de partenaires stratégiques, notamment le Kenya, le Maroc et l’Égypte.
À cette occasion, Mukoko Samba a rappelé l’importance de vulgariser les documents signés entre Kinshasa et Washington afin de dissiper les malentendus.




















































