En marge de l’Africa Forward Summit à Nairobi, la République démocratique du Congo a présenté les réformes engagées par le gouvernement dans le secteur de la santé publique depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la présidence en 2019.
Intervenant lors d’un échange consacré au renforcement et au financement des systèmes de santé, le Chef de l’État a notamment cité la Couverture santé universelle (CSU), évaluée à plus de 42 millions de dollars, la Taxe de promotion de la santé (TPS), destinée à mobiliser au moins 150 millions de dollars, ainsi que la mise en place de l’Assurance maladie obligatoire, financée par une contribution solidaire de 2,5 % sur les salaires.
Selon la présidence, « ces efforts permettent de passer d’un système de santé assisté à un système de santé financé souverainement ».
Lors de la XIIᵉ Conférence des gouverneurs de provinces, tenue en juin 2025 à Kolwezi dans la province du Lualaba, Félix Tshisekedi avait annoncé la mise en œuvre progressive de l’assurance maladie obligatoire en RDC, afin d’améliorer l’accès aux soins pour tous.
Cette décision se fonde sur un dialogue social inclusif, conduit dans le cadre du Conseil national du travail, ayant permis de définir des modalités de cotisation équitables.
Pour le secteur formel, le mécanisme contributif repose sur une répartition employeur-employé : 2 % à la charge de l’employeur et 0,5 % à la charge de l’employé soit un total de 2,5 %.
Selon le ministère de la Santé publique, ce choix traduit une volonté d’équité en faisant porter une part plus importante de l’effort par l’employeur.
Pour illustrer le mécanisme, la cellule de communication du ministère avance notamment l’exemple d’un salarié rémunéré au salaire minimum. Avec un revenu estimé à 130 dollars par mois et un ménage de cinq personnes, la contribution du salarié serait de 3,25 dollars, contre 13 dollars pour l’employeur, soit 16,25 dollars au total par mois.
À un niveau de revenu plus élevé, pour un salarié percevant 2 000 dollars par mois (toujours avec une famille de cinq personnes), la contribution du salarié atteindrait 50 dollars, contre 200 dollars pour l’employeur, soit 250 dollars au total.
Dans ce contexte, la progressivité permettra d’ajuster l’effort selon la capacité financière, dans une logique de solidarité mieux répartie.
À l’échelle nationale, les perspectives seraient importantes. Sur la base de l’hypothèse de 1 million de travailleurs cotisants, le dispositif pourrait mobiliser 16 250 000 dollars par mois (sur la base de 16,25 dollars par mois et par cotisant), sous réserve d’une application effective, d’un élargissement du dispositif et de sa durabilité.
Les militaires, policiers et agents de la fonction publique sont parmi les premiers bénéficiaires, dans l’objectif de réduire progressivement la dépendance à l’aide internationale.
Le Président Tshisekedi avait indiqué que la réforme vise à élargir l’accès aux soins, renforcer la protection financière des ménages et mobiliser des ressources domestiques.
« C’est un acte de justice sociale et de reconnaissance envers ceux qui protègent notre pays », avait-il expliqué.
De son avis, cette décision s’appuie sur les résultats » positifs » obtenus grâce à la gratuité de la maternité et à la prise en charge des nouveau-nés, le premier volet du programme de Couverture santé universelle (CSU).
Depuis septembre 2023, cette gratuité a été instaurée à Kinshasa puis étendue à d’autres provinces.




















































