À la cité de l’Union Africaine, le président congolais Félix Tshisekedi a finalement donné sa conférence de presse consacrée notamment aux questions d’actualité.
Intervenant après un premier report, il a abordé le thème de la liberté de la presse tout en appelant les professionnels des médias à la responsabilité dans un contexte sécuritaire fragile dans l’est du pays.
Dans son propos, Félix Tshisekedi a rendu hommage professionnels des médias exerçant à Kinshasa comme dans des provinces éloignées. Il a souligné le rôle des journalistes accomplissant « une mission civique irremplaçable », en particulier pour aider les citoyens à comprendre, débattre et participer à la vie nationale.
Le président a aussi mentionné les journalistes couvrant des zones de conflit notamment les reporters qui « mettent un visage sur les souffrances des populations », ainsi que ceux qui refusent la rumeur, l’invective et la manipulation.
Axant son intervention sur la liberté de la presse, Félix Tshisekedi a affirmé que celle-ci n’est pas une faveur accordée par le pouvoir, mais relève d’une exigence démocratique.
Selon lui, elle contribue à protéger les citoyens contre l’arbitraire, à obliger les gouvernants à rendre compte et participe à la vitalité de la République et de la démocratie.
Tout en reconnaissant cette nécessité démocratique, il a toutefois estimé que cette liberté implique également la responsabilité en particulier dans un contexte marqué par des tensions et des violences.
« Je ne demande à aucun journaliste de renoncer à son indépendance. Je vous demande d’exercer cette indépendance avec la pleine conscience de ce que représente aujourd’hui la République démocratique du Congo, une nation engagée dans un combat pour sa survie, pour son intégrité, pour sa dignité. Le patriotisme républicain n’est pas l’ennemi du journalisme. Il peut et il doit en être la boussole morale », a déclaré Félix Tshisekedi qui souligne la guerre ne se limite pas aux affrontements armés.
Il a évoqué une dimension informationnelle à travers la désinformation, la propagande, les images détournées, les récits fabriqués et des tentatives de manipulation de l’opinion.
Félix Tshisekedi a en parallèle insisté sur la compatibilité entre la liberté de la presse et les règles professionnelles. Il a rappelé l’importance de l’éthique, de la rigueur et de la vérification des faits ainsi que du respect de la dignité humaine et de l’intérêt supérieur de la nation.
« Car la guerre ne se mène pas seulement par les armes. Elle se mène aussi par la désinformation, la propagande, les images détournées, les récits fabriqués et les tentatives de manipulation de l’opinion. Lorsque les puissances extérieures hostiles investissent massivement dans la manipulation de l’opinion publique congolaise, la responsabilité du journaliste devient un enjeu de sécurité nationale », a-t-il averti.
Le président a mis en garde contre l’usage de la liberté de presse pour affaiblir les institutions de l’État, au bénéfice de l’« agresseur ».
« Informer, ce n’est pas attiser. Critiquer, ce n’est pas détruire. Enquêter, ce n’est pas servir des agendas de déstabilisation. Être libre n’est pas être affranchi de l’éthique, de la rigueur, de la vérification des faits, du respect de la dignité humaine et de l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il martelé.



















































