En marge du premier Forum médias Chine‑RDC, organisé à Kinshasa autour du thème « Modernisation à la chinoise et voie de développement de la RDC : une exploration conjointe de nouvelles trajectoires gagnant‑gagnant », le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa a détaillé les mesures prises par le gouvernement pour combattre la corruption, qualifiée de « poison » pour les institutions et le développement national.
Dès l’entame de son intervention, le Garde des Sceaux de la RDC a mis en exergue l’impact délétère de la corruption.
« Ce n’est pas seulement un délit financier : c’est un poison qui attaque les racines mêmes de la démocratie. Elle fragilise nos institutions, freine le développement, fausse les règles économiques et érode la confiance des citoyens et des investisseurs envers l’État. Elle compromet la sécurité juridique et limite le potentiel de croissance de notre pays », a-t-il déclaré.
Face à ce constat, il a présenté un ensemble de réformes juridiques et institutionnelles visant à endiguer ce fléau qui gangrène tous les secteurs publics.
Parmi les mesures phares, la création du Tribunal pénal économique et financier, instauré par le gouvernement, doit permettre un traitement spécialisé des crimes en col blanc.
« La lutte contre ce fléaux n’est plus une simple intention politique. Elle est devenue une priorité nationale, un pilier de notre souveraineté économique, et un lévier pour consolider la bonne gouvernance. Nous avons compris que pour combattre les réseaux complexes, la justice classique ne suffit pas. Il nous fallait des léviers tranchants. C’est ainsi que le gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, a instauré le Tribunal Pénal Économique et Financier », a-t-il précisé.
Le ministre affirme que cette juridiction marque la fin de l’amateurisme dans la répression des délits économiques
« Désormais, des magistrats formés aux subtilités de la haute finance et du droit des affaires s’assureront que chaque franc détourné devienne une affaire d’État », a assuré le ministre.
Deux nouvelles lois annoncées
Pour renforcer l’arsenal légal, le ministre a annoncé le dépôt prochain au Parlement de deux lois : une loi anticorruption, qui durcira les sanctions et comblera les zones d’ombre exploitées par les prédateurs économiques ; et une loi sur le conflit d’intérêts, destinée à poser une barrière nette entre l’intérêt public et les intérêts privés.
« On ne peut plus servir l’État tout en se servant soi‑même », a martelé Guillaume Ngefa qui rappelle que la plupart des pratiques corruptives trouvent leur origine dans des conflits d’intérêts.
Renforcement des institutions de contrôle
Outre ces réformes législatives, ce membre du gouvernement Suminwa a révélé que plusieurs institutions ont été créées ou renforcées pour assurer la prévention, la détection et le recouvrement des avoirs mal acquis.
Il a évoqué la redynamisation de la Commission de gestion des biens saisis et confisqués (COGEBISCO), dont la mission est de réintégrer dans le patrimoine public les biens et fonds récupérés après condamnation.
« Il ne suffit plus de condamner ; il faut recouvrer. La COGEBISCO permet à l’État de réintégrer physiquement le patrimoine mal acquis dans le trésor public et de transformer les crimes en ressources pour le développement », a‑t‑il déclaré.
En outre, Guillaume Ngefa a salué l’action dissuasive de l’Inspection générale des finances (IGF) et le rôle de la Cour des comptes, du Parlement et de l’Agence pour la prévention et la lutte contre la corruption (APLC) dans la détection précoce des irrégularités.
En plus de l’APLC, ce membre du gouvernement Suminwa a évoqué l’Observatoire de surveillance de la corruption et de l’éthique professionnelle, ainsi que les dispositifs de renseignement financier qui traquent les flux suspects.















































