Lors du dernier Conseil des ministres, le Chef de l’État a évoqué l’instruction donnée aux assemblées provinciales par l’intermédiaire de leurs bureaux respectifs, instituant un moratoire sur les motions de défiance visant les gouverneurs de provinces.
Félix Tshisekedi a noté que malgré certaines avancées, la situation continue à s’aggraver dans plusieurs provinces.
« Cette dérive est inacceptable car elle sape le fonctionnement régulier de l’État et menace les aspirations légitimes de nos populations à la paix et au développement », a-t-il déclaré.
Selon lui, des informations concordantes indiquent que des manœuvres de déstabilisation sont orchestrées depuis Kinshasa par certains leaders politiques et autorités morales, manipulant les élus provinciaux pour servir des intérêts partisans au détriment du développement du pays.
« Cette situation doit cesser immédiatement. La République ne peut tolérer que des ambitions personnelles ou des calculs politiciens prennent en otage la gouvernance provinciale et au-delà le pays », a argué Félix Tshisekedi cité dans le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
« Les institutions provinciales ne doivent plus être instrumentalisées comme des espaces de marchandage ou de pression entre acteurs politiques », a-t-il renchéri.
Dans ce contexte, le Président a confié à Jacquemain Shabani, vice-premier ministre de l’Intérieur, ainsi qu’aux services de renseignement, la mission de renforcer les mécanismes de prévention afin de détecter et de neutraliser toute tentative d’ingérence ou de manipulation, et ce, sans museler aucun droit ou expression démocratique.
De plus, les présidents de partis et de regroupements politiques ont été chargés de rappeler à l’ordre leurs membres impliqués dans ces pratiques, en veillant à maintenir une stricte discipline interne.
Le président de la République a appelé élus provinciaux de se conformer rigoureusement à la Constitution, aux lois de la République et à l’acte d’engagement qu’ils ont signé librement.
In fine, il a mis en garde ceux qui s’adonneraient à l’organisation, au financement ou à l’incitation à la déstabilisation des institutions.
« Des mesures exemplaires seront prises à leur encontre, conformément aux lois de la République », a-t-il averti.
L’instruction relative à la suspension des motions contre les exécutifs provinciaux vise, selon le Président de la République, à stabiliser les institutions étatiques et relancer l’élan de développement freiné par les tensions entre les organes délibérants et les exécutifs provinciaux, dans un contexte marqué par l’agression dans l’Est.
Pour les élus provinciaux, cette mesure viole non seulement leur droit notamment du contrôle parlementaire, mais surtout l’autonomie des ETD.




















































