C’est un deuxième mandat de Félix Tshisekedi sombre pour les administrateurs des 145 territoires de la République démocratique du Congo et de leurs assistants. Nommés en novembre 2022 par ordonnance présidentielle, ces administrateurs n’ont encore reçu ni prime, ni salaire, ni même les frais d’installation ou de fonctionnement.
Les administrateurs, qui jouent un rôle important dans la gestion locale des Entités territoriales décentralisées, ont exprimé leur désespoir face à des conditions de travail précaires.
D’emblée, ils rappellent que malgré une prime spécifique promise par le gouvernement, le paiement reste irrégulier et chroniquement en retard. Selon les Administrateurs de Territoires (ATs) et Administrateurs de Territoires Assistants (ATAs), cinq mois de primes (de mars à juillet 2025) demeurent impayés, malgré des promesses et des documents officiels.
L’article 99 du code de travail stipule que les salaires doivent être versés à intervalles réguliers, une règle qui, selon les administrateurs, n’est pas respectée. Cette situation crée un climat de frustration parmi les agents, déjà épuisés par des années de précarité.
Les administrateurs rappellent que le paiement de leur salaire et de leurs primes est non seulement une obligation légale mais aussi un impératif humanitaire. En vertu de l’article 36 de la Constitution, l’État doit garantir un droit au travail et une rémunération équitable. Cependant, les administrateurs dénoncent une discrimination administrative qui les pénalise par rapport à d’autres catégories de personnel.
Malgré plusieurs démarches officielles et correspondances, y compris une pétition adressée au Président de la République, les ATs et ATAs affirment que leur situation reste bloquée.
« Par ailleurs, la prime d’itinérance, pourtant inscrite dans la loi des Finances 2025, ne fait à ce jour l’objet d’aucune information ni de mise en application. Il en est de même pour les frais de fonctionnement ainsi que la prime de sécurité, dont l’absence compromet sérieusement notre efficacité et notre sécurité dans l’exercice de nos fonctions », ont-ils déploré insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif pour résoudre ces problèmes persistants.
« Nous tenons à rappeler que le paiement du salaire et des primes revêt un caractère légal, alimentaire et humanitaire, et qu’il est intrinsèquement lié au respect de l’article 36, alinéa 2 de la Constitution, selon lequel l’Etat garantit le droit de travail, la protection contre le chômage et une rémunération équitable et satisfaisante assurant au travailleur ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine. Il est donc inadmissible que pour les ATs et ATAs, la libération des OPI relatifs à leur rémunération soit conditionnée à une programmation spéciale, contrairement aux autres catégories de personnel, créant ainsi une discrimination administrative injustifiée », ont-ils argué.
Face à cette situation, les ATs et les ATAs ont décidé d’observer une grève illimitée, à partir de ce jour, en raison de l’absence de rémunération depuis près de trois ans. Cette décision a été annoncée dans une lettre adressée au Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, soulignant les conditions de travail « inhumaines et dégradantes ».
« Après 30 mois de patience, de résilience et de silence institutionnel qui nous a conduit à un épuisement moral et mental ainsi qu’à la destruction de nos foyers et de l’avenir de nos enfants, cette grève illimitée que nous engageons constitue un ultime recours, dans le respect des dispositions de l’article 39 de la Constitution, qui reconnaît et garantit le droit de grève Son objectif principal n’est nul autre que d’obtenir l’application du barème des avantages sociaux liés à l’ordonnance du Chef de l’Etat nous nommant », ont-ils conclu.
La grève illimitée, qui a commencé depuis le lundi 18 août, vise à rappeler aux autorités l’urgence de la situation et à obtenir l’application des avantages sociaux qui leur sont dus.
Toutefois, les administrateurs espèrent que cette action trouvera une oreille attentive et des solutions concrètes.



















































