La Banque mondiale a présenté mardi 29 juillet à Kinshasa, son rapport sur la situation économique de la République démocratique du Congo.
Intitulé « Réévaluer les incitations fiscales : le rendez-vous manqué des promesses de croissance et d’équité », ce document publié par l’entremise de son directeur des opérations en RDC Albert Zeufack, passe au peigne fin les défis et réformes en matière de gestion des finances publiques.
Selon cette institution bancaire du Système de Bretton Woods, en République démocratique du Congo, la gestion des finances publiques est confrontée à d’importants défis, parmi lesquels une gestion inefficace de la trésorerie, une mauvaise exécution budgétaire, la faiblesse des dispositifs de contrôle et des institutions de surveillance et de conformité, ainsi que des dysfonctionnements dans l’administration publique au niveau local.
Le rapport pointe également l’utilisation excessive de procédures d’urgence pour l’exécution budgétaire. En 2024, près de 15 % des dépenses totales ont été réalisées par ces procédures, permettant aux ministres de contourner les étapes essentielles de vérification et d’ordonnancement, compromettant ainsi l’intégrité du processus budgétaire.
« L’exécution budgétaire est marquée par un recours excessif aux procédures d’urgence, qui permettent aux ministres des Finances et du Budget d’autoriser directement les paiements, en contournant les étapes d’engagement, de vérification et d’ordonnancement de la chaîne de dépense, ce qui compromet donc l’intégrité du processus budgétaire. En 2024, les dépenses exécutées par procédures d’urgence ont représenté près de 15% des dépenses totales », mentionne ce document.
De plus, la Banque mondiale souligne que la centralisation excessive des pouvoirs d’engagement budgétaire au sein des ministères des Finances et du Budget engendre également des inefficiences et des retards.
Face à ces maux qui entravent la gestion des finances publiques, la Banque Mondiale appelle à des réformes essentielles pour améliorer la gestion des finances publiques en RDC. Ces réformes comprennent:
- Primo: l’opérationnalisation de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique créée en mars 2022 pour renforcer la gouvernance financière.
- Secundo: la mise en œuvre du compte unique du Trésor qui vise à centraliser et à rationaliser la gestion budgétaire.
- Tertio: le renforcement des capacités des institutions de contrôle. A ce titre, la Banque Mondiale appelle le gouvernement à doter l’Inspection générale des finances et la Cour des comptes des moyens nécessaires pour exercer leurs fonctions de manière efficace.
- Quarto: Amélioration de la mobilisation des recettes au niveau provincial incluant la décentralisation de la gestion financière, notamment par le biais de budgets participatifs.
Ces réformes, axées sur l’amélioration de l’exécution budgétaire, la transparence et la redevabilité, visent à accroître les ressources disponibles pour les dépenses au niveau sectoriel et provincial, soutenant ainsi une décentralisation budgétaire plus large et un renforcement global de la gestion des finances publiques.



















































