Lors du panel de Chefs d’État consacré au « rôle de l’appropriation régionale dans un monde en transformation », le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a exposé ce vendredi 17 avril à Antalya, en Turquie, sa vision des enjeux économiques et géopolitiques mondiaux.
Dans sa Keynote, Félix Tshisekedi a mis en exergue les insuffisances du multilatéralisme qui, selon lui, est mis à l’épreuve.
« Pour moi l’appropriation régionale est un élément très essentiel dans la stabilité du monde actuellement. Evidemment, le multilatéralisme a montré ses limites, mais je ne pense pas qu’il soit venu le temps de balayer ce multilatéralisme. Nous en avons besoin, mais simplement, il faut le rebâtir, il faut le refonder à partir des régions », a déclaré Félix Tshisekedi.
Pour étayer son propos, le Chef de l’Etat congolais a établi un parallélisme entre les crises au Soudan, en Ukraine, au Moyen-Orient et ailleurs.
De son avis, ces crises rappellent une vérité simple : l’indifférence n’est jamais une option. La souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale des États ne sont pas des principes à géométrie variable ; elles constituent le socle d’un ordre international juste, et la condition même d’une paix durable.
Félix Tshisekedi a relevé qu’au nom de ces principes, la RDC aborde les enjeux de paix et de stabilité dans son environnement régional immédiat.
Pour étayer sa vision, le président congolais a affirmé que la stabilité ne saurait être réduite à une lecture strictement sécuritaire dans la région des Grands Lacs. Il a soutenu que celle-ci exige une coopération sincère entre États, une lutte résolue contre les groupes armés, et une approche globale intégrant les dimensions politiques, économiques, humanitaires et de justice.
« L’appropriation régionale a l’avantage d’avoir une sorte de rapidité, de réactivité en temps de crise, mais également, il offre beaucoup d’opportunités qui feront que, par cette intégration économique, toute la région va trouver des raisons de vivre en paix afin de protéger ses intérêts », a-t-il indiqué.
Dans ce contexte, le Chef de l’État a mis en exergue l’intégration régionale comme levier majeur de stabilisation et de prospérité partagée dépassant les cadres institutionnels pour produire des résultats concrets, des infrastructures interconnectées, et des bénéfices tangibles pour les populations.
Le président Tshisekedi a mis en avant le projet du corridor de Lobito, un axe stratégique qui relie les régions de la RDC, du nord-ouest de la Zambie et de l’Angola, facilitant l’accès aux marchés régionaux et mondiaux via le port de Lobito.
« Je fais ici allusion au grand projet qui nous intéresse tous en ce moment dans la région d’Afrique centrale. Il s’agit du corridor de Lobito, qui est ce corridor d’intégration économique qui nous permettra d’évacuer toutes nos productions vers des centres de consommation sur d’autres continents. Cela démontre un intérêt que tous ces pays ont à vivre en paix, stable, et en tenant compte des intérêts de chacun », a-t-il souligné.
Pour le président congolais, l’intégration régionale permet d’aborder les problèmes en ayant la maîtrise des causes.
« Dans la région, les pays, généralement, vivent ensemble, se connaissent. Il y a une approche humaine et culturelle qui fait que tous les problèmes peuvent être abordés de manière sereine en cherchant des solutions plus appropriées. Tandis que lorsque ces problèmes sont regardés par le multilatéralisme, on sent une certaine distance et une certaine inefficacité à aborder et à les régler comme tels. Donc je pense qu’effectivement, l’appropriation régionale est une opportunité essentielle qui permettrait au multilatéralisme de se conforter », a insisté le Chef de l’Etat.
Nonobstant, il a appelé à la mise en place des mécanismes intégrant les liens avec les communautés économiques régionales pour préserver l’influence du multilatéralisme.
Pour Kinshasa, cette intégration s’inscrit dans une vision de développement fondée sur la complémentarité des économies, la valorisation responsable des ressources et la création d’opportunités durables.
















































