En République démocratique du Congo, l’image de l’Union européenne est à nouveau écornée.
En effet, dix jours après la signature d’un protocole d’accord controversé avec Kigali sur le développement de chaînes de valeur durables et résiliantes pour les matières premières critiques, l’Union européenne qui fait objet de nombreuses critiques en interne, tente de corriger la trajectoire et se justifie.
Selon Josep Borrell, Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Vice-président de la Commission Européenne ce protocole d’entente vise à accroître la traçabilité et la transparence et de renforcer la lutte contre le trafic illégal de minerais.
« L’un des principaux objectifs du protocole d’accord sur les matières premières critiques est de soutenir l’approvisionnement, la production et la transformation durables et responsables des matières premières. Et l’objectif est d’accroître la traçabilité et la transparence et de renforcer la lutte contre le trafic illégal de minerais », indique Josep Borrell pour qui les principaux bénéficiaires sont les populations de la région des Grands Lacs.
« une provocation de mauvais goût »
Ce Mémorandum d’entente continue de susciter le tollé et l’indignation en RDC. Felix Tshisekedi a dénoncé « une provocation de très très mauvais goût ».
Le Président congolais a fait savoir que l’UE encourageait le pillage des ressources naturelles en RDC en ce sens où le Rwanda ne disposerait pas de minerais dits « stratégiques » dans son sous-sol.
« Tout le monde sait que le Rwanda n’a même pas un gramme de ces minerais dans son sous-sol. Donc, quand on signe un MOU [Memorandum of Understanding, ou mémorandum d’entente, Ndlr] avec ce pays, ça veut dire qu’on va encourager le pillage ou la fraude, parce qu’il y a des petits malins qui s’amusent – on voit avec l’or – à passer avec nos matières de l’autre côté de la frontière, en allant au Rwanda et les vendre là-bas. Le Rwanda ne les transforme même pas. Donc, il les exporte, il touche des dividendes grâce à ça, sur le sang de nos compatriotes. Et ça, c’est inacceptable ! Parce qu’avec le produit de ces ventes illicites, ils vont équiper leur armée et continuer leur expédition aventureuse en République démocratique du Congo… Et qui en est le complice ? C’est l’Union européenne, ce donneur de leçons qui voulait venir surveiller nos élections, ici, pour dire qui a gagné, qui a perdu. Des leçons sur le respect des droits de l’homme, mais qui maintenant est en train de prêcher par le plus mauvais exemple qui soit » . Nous allons entamer d’autres actions diplomatiques et même judiciaires pour empêcher cette union inexplicable.
Le protocole signé entre Bruxelles et Kigali concerne notamment le tantale et le niobium, deux métaux autrement appelés coltan, stratégiques pour la fabrication des technologies modernes dont les smartphones ou les ordinateurs.














































