Le vice-premier ministre du Budget, Adolphe Muzito a assuré que la dette extérieure du pays demeure soutenable.
Lors d’un exercice de redevabilité consacré à l’« an du gouvernement Suminwa 2 » sur la radiotélévision congolaise (RTNC), le VPM Muzito a révélé que la dette extérieure congolaise s’élève à 11 milliards de dollars américains adossée à une dynamique macroéconomique favorable.
Une dette de 11 milliards, mais un ratio maîtrisé au regard du PIB
Dans son intervention, Adolphe Muzito a expliqué que la charge d’endettement doit être appréciée non seulement par le niveau nominal de la dette, mais surtout par sa relation au Produit intérieur brut (PIB).
De son avis, le PIB de la RDC a atteint environ 135 milliards de dollars, plaçant la dette extérieure autour de 8 à 10% du PIB.
« La RDC de Félix Tshisekedi est sous endettée. Vraiment sous endetté. Nous ne sommes pas endettés. Ça paraît trop par rapport au niveau qui a été le nôtre quand nous étions Premier ministre. Nous avions obtenu l’annulation de la dette. En proportion relative, nous sommes moins endettés. La dette extérieure est de 11 milliards de dollars sur un PIB qui lui a augmenté substantiellement », a-t-il soutenu, affirmant que la RDC dispose d’une marge de manœuvre budgétaire pour mobiliser davantage de financement sans dépasser des seuils risqués.
500 millions de dollars par an de remboursement
S’agissant du service de la dette (c’est-à-dire l’ensemble des remboursements du principal et le paiement des intérêts), Adolphe Muzito a déclaré que la RDC consacre environ 500 millions de dollars par an pour régler ses obligations financières envers ses créanciers.
Il a également comparé cette annuité au budget public, estimant que cette charge reste « en dessous du seuil de 5% », un indicateur utilisé pour évaluer la capacité d’un État à honorer ses engagements sans compromettre ses dépenses prioritaires.
Emprunter pour financer les infrastructures
Le vice-premier ministre a défendu une approche consistant à mobiliser davantage de capitaux sur le marché financier, notamment via des instruments de dette internationale, afin de financer des investissements structurants.
Il a notamment évoqué la possibilité d’emprunter jusqu’à 100 milliards de dollars, tout en affirmant que le pays reste en dessous d’un ratio d’endettement autour de 48% du PIB après une telle mobilisation.
« J’indique en passant qu’il y a 2 pays africains qui sont autour de 100% de leur PIB. Le Congo-Brazzaville est autour de 80-100%. Le Sénégal dont on parle tout le temps est très endetté jusqu’à hauteur de plus de 100% de son PIB. Si nous empruntons encore 100 milliards de dollars, nous serons en dessous des 50% de notre PIB. Et voilà que nous avons cette opportunité de nous endetter, d’emprunter sur le marché financier. Parce que désormais nous avons atteint le performance. Donc nous pouvons nous déployer sur le marché financier et nous endetter massivement pour financer nos infrastructures », a-t-il expliqué.
Selon lui, ces financements serviront à accélérer la réalisation d’infrastructures essentielles notamment routes, chemins de fer, ports, aéroports, ainsi que d’autres équipements publics susceptibles de renforcer la productivité et de soutenir la croissance.
Tout en plaidant pour un recours plus important à l’emprunt, Adolphe Muzito a également mis en avant l’existence d’une capacité de financement interne. Il a évoqué la possibilité de dégager progressivement des montants sur plusieurs années pour les infrastructures, tout en rappelant que des ressources seront également affectées à d’autres priorités, notamment les besoins liés à la guerre.
« Dans l’entretemps, en dépit de cette opportunité que nous avons, nous pouvons, avec nos ressources propres d’ici 10 ans, financer toutes nos infrastructures après avoir dégagé 5-4 milliards sur les 10 années à venir pour financer la guerre. Donc les Congo est entré de devenir riche et de plus en plus riche même si les effets ne sont pas encore perceptibles », a-t-il martelé.



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