Le président de la République Félix Tshisekedi a fustigé le retard observé dans le paiement des salaires des agents et fonctionnaires de l’État pour le mois de janvier.
Lors de son intervention au conseil des ministres du vendredi 20 février, le président Tshisekedi a expliqué que cette situation devenue récurrente est due à l’accroissement de la masse salariale consécutive, entre autres, à l’engagement des nouvelles unités sans maîtrise suffisante des effectifs ni des mécanismes de vérification exerçant des pressions croissantes exercées sur la trésorerie de l’État.
« Ces déséquilibres fragilisent la trésorerie publique et exposent les systèmes de paie à des tensions préjudiciables à la stabilité sociale », a déclaré le Président de la République.
Pour juguler les tensions de trésorerie, il a ordonné la réalisation d’un audit de l’état liquidatif de la paie précisant que cette initiative vise à garantir la santé des finances publiques et à assurer la continuité des opérations financières de l’État, notamment en ce qui concerne le versement des salaires des agents et des fonctionnaires.
L’audit de l’état liquidatif entend garantir que chaque rémunération versée corresponde à un droit légitime et à un service effectivement rendu, tout en sécurisant le paiement régulier et ponctuel des salaires.
Il a également souligné la nécessité de garantir la durabilité des finances publiques et de maintenir la continuité des opérations financières de l’État en finançant les priorités du gouvernement.
Dans ce contexte, le Chef de l’État a précisé qu’il ne s’agit pas d’une mesure isolée ni d’une réaction conjoncturelle, mais d’une démarche continue en faveur de l’assainissement et de la discipline budgétaire.
En outre, le président Tshisekedi estime que cette initiative s’inscrit dans une approche cohérente et réfléchie de redressement des finances publiques, répondant à une exigence de responsabilité républicaine.
Lors de la 42e réunion du Conseil des ministres, tenue le 2 mai 2025, Félix Tshisekedi avait insisté sur la nécessité de mesures urgentes d’assainissement, dans un contexte marqué par l’augmentation des dépenses sécuritaires et les engagements auprès du Fonds monétaire international, dans le cadre de la Facilité élargie de crédit et de la Facilité pour la résilience et la durabilité.
Cette exigence a été réaffirmée lors de la 58e réunion du Conseil des ministres, le 12 septembre 2025, en soulignant que la rigueur, la transparence et la responsabilité dans la gestion des deniers publics constituent un devoir républicain incontournable.
« Le salaire des fonctionnaires n’est pas une simple variable budgétaire. Il s’agit d’un droit social fondamental garantissant la dignité des agents publics et la stabilité des ménages. Assainir la paie ne vise donc pas à affaiblir les agents régulièrement engagés, mais à les protéger contre les dysfonctionnements et les charges indues qui menacent la viabilité du système et provoquent des retards socialement inacceptables », a-t-il déclaré.
La Première ministre, Judith Suminwa a été appelée à assurer la coordination stratégique, avec le soutien de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et des autres services de contrôle requis.
Parallèlement, Adolphe Muzito, vice-premier ministre du Budget a été enjoint de garantir la stricte concordance entre les effectifs budgétaires et les effectifs rémunérés, tandis que le ministre des Finances est chargé de renforcer le mécanisme de liquidation et de paiements, basé sur la disponibilité réelle de la trésorerie.
Pour le Chef de l’Etat, cette démarche vise à préserver la justice salariale, à assurer la stabilité sociale, et à garantir un cadre macroéconomique viable, tout en trouvant un équilibre entre rigueur budgétaire et responsabilité sociale.
De son côté, le gouvernement a justifié ce retard par des ajustements techniques de routine qui interviennent en début d’année couplés aux dépenses sécuritaires, à la mécanisation de nouvelles unités ainsi qu’à des révisions des fichiers administratifs.














































