Le Royaume de Belgique a annoncé son souhait d’accompagner les producteurs de cacao de l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), une région marquée par des conflits armés depuis plus de trente ans.
Lors d’une rencontre avec Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur, l’ambassadrice de Belgique en RDC, Roxane de Bilderling, a précisé que cet accompagnement vise à aider les producteurs à se conformer aux normes et directives de l’Union Européenne concernant le cacao « Made in Congo ». L’initiative inclut également le développement de chaînes de valeur locales autour de ce produit agricole prisé.
« Le cacao est une denrée très appréciée. En tant que Belges, nous sommes renommés pour notre chocolat, et le cacao congolais est de très haute qualité. Il y a un potentiel énorme pour une production locale, mais il est essentiel que cela se fasse dans de bonnes conditions. On sait qu’il y a des directives, notamment européennes, sur la lutte contre la déforestation. Il faut s’assurer d’accompagner les producteurs congolais pour qu’ils soient conformes à cette directive et que la RDC puisse, en toute légalité, exporter son cacao vers l’Europe pour en tirer le meilleur bénéfice », a déclaré Roxane de Bilderling.
Elle a aussi souligné que le cacao doit être un vecteur de paix et de stabilité dans cette région.
« Aujourd’hui, malheureusement, il y a encore aussi du cacao qui tombe entre les mains des groupes armés et sort en contrebande. C’est très malheureux parce qu’évidemment ça finance des groupes armés qui sèment le plus de souffrances, de morts au sein de la population, on ne peut pas tolérer ça. Un meilleur enregistrement et un accompagnement des producteurs permettra de lutter aussi contre ce phénomène et donc ça a aussi un impact sur la paix et la stabilité et ça c’est très important »», a-t-elle ajouté.

Le Royaume de Belgique s’est également engagé à soutenir la RDC dans la construction de postes frontières à arrêt unique, facilitant le commerce transfrontalier dans le cadre du Régime Commercial Simplifié (RECOS). En outre, une assistance sera fournie pour la dématérialisation des procédures d’importation et d’exportation via le Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur (SEGUCE).
« Le ministre m’a informée de son récent voyage à Genève, où il a discuté avec l’Organisation mondiale du commerce. Il a plaidé pour la ratification par la RDC de plusieurs conventions, dont une facilitant les échanges grâce à des contrôles douaniers dématérialisés. Nous croyons fermement que c’est une excellente initiative, car elle facilitera non seulement les échanges, mais aussi la lutte contre la fraude, un problème majeur en RDC. En réduisant l’entrée frauduleuse de marchandises, l’État congolais pourra mieux contrôler ce qui entre sur son territoire, générant ainsi des revenus et favorisant une concurrence loyale pour tous les opérateurs, tout en encourageant la production locale », a-t-elle précisé.
De son avis, l’État congolais doit encourager la production locale pour créer des emplois, améliorer le climat des affaires et réduire les prix des produits pour les consommateurs.
« Ces mesures contribueront à améliorer le bien-être général des populations, ce qui est essentiel. Elles sont également essentielles pour renforcer l’économie congolaise et valoriser ses produits sur le marché international », a-t-elle conclu.
Le gouvernement congolais a salué l’engagement du Royaume de Belgique dans la promotion du secteur du commerce extérieur, levier de croissance économique pour la RDC. Le ministre Julien Paluku a noté que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la diplomatie commerciale mise en avant par son ministère.
Les deux parties ont également établi une commission mixte, composée d’experts du ministère du Commerce extérieur et de l’Ambassade de Belgique, afin d’accélérer la mise en œuvre de cet engagement.




















































