La prise de parole de l’ancien Président de la République, Joseph Kabila, a relancé le débat sur le résultat de l’élection présidentielle controversée de 2018 déclarant l’actuel Président, Félix Tshisekedi vainqueur.
Candidat à la dernière élection présidentielle, le Prix Nobel de la paix 2018, Dénis Mukwege affirme que Félix Tshisekedi n’a jamais remporté ces scrutins. Cerise sur le gâteau, il affirme que l’actuel Président qui est à son deuxième mandat, a bénéficié d’un « compromis à l’africaine » avec son prédécesseur.
« Sa déclaration m’avait tout à fait déçu. Je crois qu’après ce qui s’était passé en 2018, où nous savons très bien que c’était un deal à l’africaine, comme l’avait dit le ministre français des Affaires étrangères, M. Le Drian, ce deal, on ne nous a jamais dit en réalité, il s’agissait de quoi. Nous savons que ce n’est pas Félix Tshisekedi qui a dit qu’il avait gagné les élections. Nous savons aussi que c’est monsieur Kabila qui a choisi son successeur », a déclaré Dénis Mukwege.
« Et aujourd’hui, il revient en disant voilà, j’avais fait une passation pacifique du pouvoir, maintenant je vais le reprendre. Et quand vous lisez les discours, vous voyez très bien qu’il vient, comme vous l’avez dit, il est prêt à faire un sacrifice suprême pour reprendre le pouvoir. Moi je me dis, c’est quelle façon d’agir ? Est-ce que le Congo appartient à des individus ? », a-t-il renchéri.
Le célèbre gynécologue congolais estime que Kabila devrait non seulement publier le contenu de l’Accord signé avec le Président Tshisekedi mais surtout présenter les excuses publiques aux Congolais.
« Il devrait d’abord présenter des excuses aux Congolais, puisque je crois que ce qui s’était passé n’était pas normal, que le peuple vote et que vous, vous décidez de faire un deal. Deuxièmement, je pense qu’il devrait expliquer au peuple congolais quel était le contenu de cet accord qu’il a signé avec Félix Tshisekedi. Il a dit qu’il le fera après, mais c’était l’opportunité de pouvoir l’expliquer », a martelé le Fondateur de Panzi, une structure sanitaire qui prend en charge les femmes victimes de viol et autres crimes de guerre.
Le docteur Mukwege a également écorché l’ancien Chef de l’Etat, qui, lors de son discours du 23 mai dernier, a vivement dénoncé la corruption, le détournement de fonds publics, l’enrichissement illicite des membres de la famille biologique et politique de Félix Tshisekedi, au détriment de la population ainsi que la dictature du pouvoir en place.
Pour lui, ce bilan désastreux est l’un des principaux héritages légués à Tshisekedi qui le perpétue depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2019.
« Et je pense qu’il décrit ce qu’il avait fait de très très brillant, mais moi j’ai beaucoup de questions par rapport à son bilan. Le bilan qu’il attribue à son successeur… Il parle de dictature, de tyrannie… Je crois qu’il y a beaucoup de choses qui sont vraies dans sa description, même s’il y a des petites exagérations, mais il devrait aussi assumer ce bilan désastreux, puisque c’est lui qui l’a choisi et il ne nous a jamais dit pourquoi. Probablement Félix Tshisekedi faisait tout simplement le programme qu’on lui a demandé de faire, puisque moi je ne vois pas beaucoup de différence entre ce que Kabila a fait et ce que Félix est en train de faire », a martelé le lauréat du Prix Sakharov 2014.
Dans son adresse à la Nation, Kabila a affirmé avoir conclu un Accord avec son successeur Félix Tshisekedi donnant naissance à la coalition entre leurs forces politiques, Front Commun pour le Congo et le Cap pour le Changement (FCC-CACH).
Sans en dire davantage, le sénateur à vie a déploré que beaucoup de contre-vérités ont été dites, y compris par celui qui est censé connaître la vérité, parce qu’en étant l’un des deux principaux signataires.
« En attendant qu’au moment opportun, la vérité soit rétablie, preuves irréfutables à l’appui, permettez-moi, pour l’instant, d’affirmer qu’en ce qui me concerne, la conclusion de cet Accord n’avait pour seule motivation que l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il déclaré précisant que cet accord de mutualisation de forces visait à permettre à son successeur d’exercer, dans la direction des affaires de l’État, plus de pouvoir effectif que ce que la faible représentation de sa famille politique au sein de la nouvelle Assemblée Nationale était en droit de lui conférer.















































