En séjour officiel aux États Unis d’Amérique, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde a présenté mercredi 23 avril, les réformes initiées par le gouvernement de la République démocratique du Congo pour bénéficier des financements américains dans le cadre du programme Millennium Challenge Corporation (MCC).
L’argentier de la RDC a fait part, lors d’une réunion avec la Sous-Secrétaire d’État américain, Corina Sanders, des progrès réalisés en lien avec les indicateurs du MCC, un programme de financement innovant du gouvernement des USA.
Parmi les réformes majeures évoquées, ce membre du gouvernement a mentionné l’adoption récente du projet de loi portant création du Tribunal Pénal Économique et Financier et du Parquet Financier qui vise à renforcer la collaboration institutionnelle entre les structures spécialisées d’enquête d’ordre financier et économique, d’instruction et celle de jugement.
Le gouvernement affirme que ce projet de Loi contient des corrections structurelles et procédurales utiles aux procédures classiques avec un nouveau regard sur le système judiciaire de répression de la criminalité économique et financière d’envergure. Il permet au pays de franchir une étape décisive vers une justice plus crédible, plus technique et plus efficace au service de la population congolaise.
Outre ce cette réforme, Doudou Fwamba a également évoqué l’opérationnalisation du Comité National de mise en œuvre des sanctions financières ciblées (CONASAFIC), dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme et la corruption. La mission du CONASAFIC s’étend à la mise en œuvre du gel des fonds et autres biens ainsi que des ressources économiques décidé au titre des sanctions prises par les Etats et les organismes internationaux, prévu à l’article 17 de la Loi n° 22/069 du 27 décembre 2022 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit.
Dans ce même ordre, le ministre des Finances a succinctement présenté le Décret n°25/15 du 09 avril 2025, instituant le régime de déclaration du patrimoine des agents publics et de leurs familles. A l’en croire, l’ensemble de ces réalisations visent à renforcer la qualité des politiques et des institutions.
En terme de retombées, il a affirmé que ces efforts ont permis à la RDC de faire progresser sa note CPIA (Country Policy and Institutional Assessment) à 3,2 sur 6, dépassant ainsi la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne établie à 3,1 sur 6.
« Cette évolution témoigne des avancées notables dans des domaines clés tels que la gestion économique, les politiques structurelles, l’inclusion sociale et la gouvernance publique », a déclaré le ministre congolais de Finances en séjour à Washington dans le cadre des Assemblées de Printemps de la Banque Mondiale et du FMI.
Cette rencontre a permis de réaffirmer la volonté de Kinshasa de poursuivre les réformes en vue d’accéder à l’éligibilité du programme MCC et d’accélérer ainsi son développement socio-économique au bénéfice des populations.
Quid le programme MCC?
Créé par le Congrès américain en janvier 2004 avec un fort soutien bipartite, MCC s’associe aux pays les plus pauvres du monde qui s’engagent en faveur d’une gouvernance juste et démocratique, de la liberté économique et de l’investissement dans leur population.
Investir dans des pays bien gouvernés est l’utilisation la plus efficace de l’argent du développement et encourage la réforme avant même qu’un pays ne soit choisi pour s’associer au MCC. MCC fournit des subventions à durée limitée pour promouvoir la croissance économique, réduire la pauvreté et renforcer les institutions. Ces investissements dans les infrastructures de base et les réformes politiques et institutionnelles sont des interventions clés qui devraient bénéficier à près de 400 millions de personnes dans 47 pays.
Les investissements du MCC soutiennent la stabilité et la prospérité dans les pays partenaires tout en faisant la promotion des intérêts américains. Avec des projets rentables et transparents, un personnel allégé et une approche fondée sur des preuves, MCC s’assure que les dollars des contribuables américains sont bien dépensés et vont dans des pays qui partagent nos valeurs.




















































