Le Cour constitutionnelle de la RDC a décidé de juger par défaut, le député national Augustin Matata et ses coaccusés l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo et le patron d’Africom, Grobler Kristo, pour détournement présumé de plusieurs millions de dollars américains décaissés par le Trésor public pour l’exécution du projet du Parc Agro-industriel de Bukanga Lonzo. La décision de la Cour se justifie par le refus de Matata Ponyo de comparaître à l’audience de ce mercredi sous prétexte de ses immunités parlementaires.
Lors de l’audience de ce jour, le ministère public a requis une peine de 20 ans de servitude pénale pour tous les prévenus et 10 ans d’inéligibilité pour le député national, Augustin Matata Ponyo.
La veille, l’homme à la cravate rouge a qualifié la procédure de la Cour « d’irrégulière, illégale et inconstitutionnelle » tant que l’assemblée nationale n’aura pas encore reçu de requête formelle pour lever ses immunités parlementaires.
Réagissant à cette décision, le Président de la Cour Constitutionnelle et président du Conseil supérieur de la magistrature, Dieudonné Kamuleta a indiqué que l’Assemblée nationale ne peut ni donner d’injonction au pouvoir judiciaire, ni interférer dans les procès en cours.
« La Cour n’a pas connaissance d’une quelconque décision ou prise de position de l‘Assemblée nationale. Les députés peuvent parler; ils sont libres. Mais l’institution Assemblée nationale n’a pris aucune position, aucune décision parce que étant le sanctuaire de la démocratie, l’Assemblée nationale sait très bien que la teneur de l’article 151 de la constitution ne permettrait pas une telle position. L’indépendance du pouvoir judiciaire est consacrée et l’interaction entre institutions doit être respectée. Cet article dit très bien que l’Assemblée nationale ne peut ni donner d’injonction au pouvoir judiciaire, ni interférer dans les procès en cours », a déclaré Dieudonné Kamuleta.
Un procès politique?
Dans une vidéo diffusée sur ses canaux de communication en mars, l’ancien chef du gouvernement affirmait que Bukanga Lonzo est un procès politique visant à le contraindre de rejoindre l’Union sacrée de la nation, famille politique du Président Tshisekedi.
Faisant la chronologie des faits, le promoteur de l’université Mapon a appelé que l’affaire Bukanga a été exhumée à trois reprises soit pour l’empêcher de créer son parti, de briguer la présidence de la République ou pour le forcer à répondre à l’appel du Président Tshisekedi pour la formation du prochain gouvernement d’union nationale.
« Le dossier Bukanga Lonzo est né parce que j’ai refusé d’intégrer l’union sacrée de la nationale. Il a été réactivé pour m’empêcher de créer mon propre parti politique le LGD, il est réapparu pour me dissuader de déposer ma candidature à la présidentielle. Aujourd’hui, tous les congolais savent qu’il y a une pression sur moi à cause du dialogue politique et du gouvernement d’union nationale qui se profile à l’horizon, c’est donc un dossier politique, un dossier de la honte de notre justice », déclarait l’élu de Kindu au Maniema, dénonçant la violation constante de la constitution.
« Cela fait près de 4 ans que la constitution est violée, plus de 40 fois dans le seul objectif de m’écarter de la scène politique et de démystifier ma gestion exemplaire jusqu’aujourd’hui, cela fait près de 4 ans que les deux plus haute juridiction judiciaire de notre pays, la cour constitutionnelle et la cour de Cassation sont instrumentalisées à outrance par la présidence de la République pour pouvoir condamner un homme politique qui n’a volé aucun dollars du trésor public », a-t-il pesté.
Plusieurs millions de dollars ont été engloutis dans l’exécution de ce projet phare de Joseph Kabila. Les enquêtes de l’inspection générale des finances (IGF), une institution rattachée à la présidence indexent Matata Ponyo, alors premier ministre, comme auteur intellectuel de cette débâcle.




















































