Alphamin Resources Corp a annoncé, le 09 avril, la reprise progressive des opérations à la mine d’étain Bisie à Walikale, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de RDC.
La compagnie minière explique que cette décision a été prise après le retrait des rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda, de la cité de Walikale vers les villes de Nyabiondo et Masisi, à plus de 130 km à l’est du site minier.
« La société a l’intention de redéployer les employés dans le cadre d’un plan de redémarrage de la production d’étain par étapes tout en continuant à surveiller la situation de sécurité. La mine est approvisionnée de manière adéquate en consommables et en pièces de rechange pour soutenir la reprise de la production », indique un communiqué de l’entreprise.
La pression américaine y est pour beaucoup !
Si les rebelles affirment s’être retirés de cette cité minière pour « donner la chance » aux initiatives de paix en cours, les informations en notre possession indiquent que la pression internationale, particulièrement celles des États Unis d’Amérique ont joué un grand rôle.
Lors de sa visite d’Etat à Kigali après son passage à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour l’Afrique, a appelé mardi dernier à la réouverture de la mine d’Alphamin, située en territoire de Walikale (Nord-Kivu), suite au retrait des rebelles soutenus par le Rwanda.
« Nous espérons que l’entreprise reprendra ses opérations ou fera bientôt une annonce à ce sujet. Nous les encourageons fortement à reprendre leurs opérations. », a déclaré Massad Boulos, conseiller principal du président Donald Trump pour l’Afrique, aux journalistes à Kigali, la capitale du Rwanda.

Le Conseil du Président américain a déploré le fait que plusieurs emplois directs étaient menacés par cette fermeture alors que l’armée congolaise accusait les rebelles du M23 d’avoir pris le contrôle de Walikale dans le but d’exploiter les richesses minières de la région, notamment l’étain extrait par Alphamin à Bisie.
« Il est très triste de voir une entreprise d’une telle envergure, employant des milliers de personnes et enrichissant la communauté et le pays dans lequel elle opère, y compris les pays voisins, fermer », déplorait Boulos.
Alphamin est majoritairement détenue par Denham Capital, basé aux États-Unis et au Royaume-Uni, et fait partie des rares projets liés aux États-Unis en République Démocratique du Congo, rapporte Bloomberg.
Alphamin est le plus grand producteur d’étain en République démocratique du Congo. Bisie a produit 17 300 tonnes de minerai de cassitérite en 2024 soit environ 6 % de l’approvisionnement mondial, selon la société de courtage chinoise First Futures Co.
Au premier trimestre 2025, la production d’étain a atteint 4 270 tonnes jusqu’à la cessation des opérations le 13 mars 2025 en raison de problèmes de sécurité.
« Suite à l’évacuation ordonnée de la mine à la mi-mars 2025, les activités de soins et de maintenance et la logistique d’exportation du concentré d’étain se sont poursuivies sans interruption. Au cours de la période du 1er janvier 2025 au 8 avril 2025, environ 4 500 tonnes d’étain contenu ont été vendues et exportées avec ~280 tonnes encore en transit et un stock concentré limité actuellement en main », explique l’entreprise dans son communiqué.
La société Alphamin Bisie Mining avait annoncé la suspension de ses activités d’exploitation minière depuis 14 mars, en raison des risques croissants pour la sécurité de son personnel liés aux affrontements entre les rebelles du M23 et les forces coalisées des FARDC- Wazalando.
Éric Mukonkole




















































