Dans un contexte de guerre dans l’Est du pays, le ministre des Finances, Doudou Fwamba a présidé mardi 18 mars, une réunion de la Troïka politique consacrée à l’évaluation de la situation macroéconomique face aux défis sécuritaires posés par l’agression Rwandaise, à travers ses supplétifs du M23.
D’emblée, la Troïka politique note qu’en dépit des pressions économiques, l’inflation reste « maîtrisée » et le taux de change « stable », grâce à une gestion « rigoureuse » des finances publiques et une coordination « efficace » des politiques budgétaires et monétaires.
« Nous sommes sous programme avec le Fonds monétaire international (FMI). La Troïka Politique veille à la bonne mise en œuvre de ce programme et au suivi des engagements pris », a déclaré Félicien Mulenda, Coordonnateur du Comité Technique de Suivi et d’évaluation des Réformes, à l’issue de cette réunion qui a connu la participation du ministre du Budget, la vice-ministre des Finances, le vice-ministre du Budget, le conseiller du Chef de l’État, la gouverneure de la Banque centrale du Congo (BCC) ainsi que d’autres structures du ministère des Finances.
Alors que la question de l’impact du conflit sur les finances publiques a été au cœur des discussions, la Troïka annonce avoir pris des mesures clés notamment de l’intégration des dépenses militaires exceptionnelles dans la loi de finances rectificative 2025.
La deuxième mesure consiste à la réduction du train de vie des institutions, conformément aux orientations du Président de la République lors de la trentième réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 31 janvier 2025.
Dans cette optique, le ministre du Budget a présenté en février, les modalités pratiques, sur base des simulations, de mise en œuvre des mesures de réduction du train de vie des institutions de l’Etat et de suspension de certaines dépenses. Les économies ainsi dégagées constituent des ressources de trésorerie. Elles sont renforcées par d’autres ressources provenant de l’effort de guerre.
Concernant la réduction du train de vie des institutions publiques, des coupes seront opérées sur les frais de fonctionnement et les interventions économiques des institutions politiques et cabinets ministériels, sur les interventions économiques des institutions.
Des coupes seront également effectuées sur les rémunérations des membres des institutions publiques, mandataires publics et membres des cabinets politiques. Elles porteront sur les émoluments de base et primes permanentes hors impôts retenus.
Quant à la suspension des dépenses spécifiques, elle portera sur des évacuations sanitaires et des missions de service (excepté celles concourant à la mobilisation des recettes, à la sécurisation du pays ou au front diplomatique de la guerre). Elles concernent également la suspension des acquisitions de véhicules, excepté ceux liés aux opérations sécuritaires, les ambulances et les tracteurs.
In fine, la Troïka renseigne que le gouvernement a décidé de doubler de la solde des militaires, pour soutenir les forces armées en période de crise.
« Ces ajustements seront pris en compte dans les discussions en cours avec le FMI, afin de garantir la cohérence du cadrage macroéconomique et la préservation du pouvoir d’achat de la population », rapporte le ministère des Finances.














































